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Résumés CPLF 2026 

Localisations rares de tuberculose extra-pulmonaire : à propos de 43 cas

Résumé PO26-635
Boumekrat L.*2 ; Amrani A.2 ; Aalil S.2 ; Zaid S.1 ; Bourkadi A.1 ; Belkheiri S.1 ; Bouhamdi A.2 ; Senhaji L.2 ; Karhate M.2 ; Serraj M.2 ; Elbiaze M.1 ; Benjelloun MC.1 ; Amara B.1
1CDTMR salé ; 2 Service de Pneumologie, CHU Hassan II FES.Faculté de Médecine et de Pharmacie de FES Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Fès, Maroc

Auteur correspondant : Boumekrat L. 


Introduction

La tuberculose extra-pulmonaire (TEP) représente environ 20 à 25% de l’ensemble des cas de tuberculose dans les pays à forte endémie. Certaines localisations anatomiques restent toutefois exceptionnelles et constituent un véritable défi diagnostique. L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, diagnostiques et évolutives des formes rares de TEP prises en charge au Centre de Diagnostic et de Traitement des Maladies Respiratoires (CDTMR) de Bab Lkhmiss à Salé-Maroc.

Méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective portant sur 43 patients atteints de localisations rares de TEP, diagnostiqués entre janvier 2024 et mai 2025. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux de consultation.

Résultats

L’âge moyen des patients était de 41,9 ans, avec des extrêmes allant de 7 à 84 ans. Une légère prédominance masculine a été notée, avec 25 hommes (58,1%). Concernant les antécédents, deux patients (4,7%) avaient présenté une tuberculose antérieure. Les habitudes toxiques étaient dominées par le tabagisme, retrouvé chez 5 patients (11,6%). Un terrain d’immunodépression a été identifié chez 8 patients (18,6%), dont 2 cas d’insuffisance rénale chronique sous hémodialyse (4,7%), 5 cas de diabète (11,6%), et un patient traité par anti-TNF alpha pour spondylarthrite ankylosante (2,3%). Sur le plan topographique, la localisation la plus fréquente était la forme urogénitale, rapportée dans 13 cas (30,2%), touchant principalement la prostate, les testicules, la vessie et l’épididyme. La tuberculose mammaire représentait la deuxième localisation en fréquence, retrouvée dans 8 cas (18,6%). Les autres formes identifiées, bien que plus rares, incluaient des localisations intestinales, pancréatiques, et anopérinéales. La sphère ORL était atteinte dans deux cas : un cas de localisation nasopharyngée (au niveau du cavum) et un cas d’otite tuberculeuse. Le diagnostic a été confirmé dans 8 cas (18,6%) par la mise en évidence de bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR) à l’examen direct et/ou à la culture, et dans 3 cas (7%) par la détection de l’ADN de Mycobacterium tuberculosis par GeneXpert MTB/RIF. Les autres patients ont été diagnostiqués sur la base d’un faisceau d’arguments cliniques, radiologiques et histopathologiques compatibles avec une tuberculose. L’évolution sous traitement antituberculeux a été favorable chez 29 patients (67,4%). Six patients (14%) étaient encore sous traitement au moment de l’analyse, tandis que 7 patients (16,3%) ont été perdus de vue. Un décès a été rapporté (2,3%).

Conclusion

Les formes rares de la tuberculose extra-pulmonaire se caractérisent par une grande hétérogénéité clinique et une complexité diagnostique notable. Leur reconnaissance précoce nécessite une vigilance accrue, notamment chez les patients immunodéprimés ou porteurs de comorbidités chroniques. Le diagnostic repose généralement sur un ensemble d’arguments cliniques, microbiologiques, histologiques et radiologiques. Une prise en charge précoce, multidisciplinaire, ainsi qu’un suivi thérapeutique rigoureux sont essentiels pour améliorer le pronostic de ces formes atypiques de tuberculose.


Boumekrat L. * ; Amrani A. * ; Aalil S. * ; Zaid S. * ; Bourkadi A. * ; Belkheiri S. * ; Bouhamdi A. * ; Senhaji L. * ; Karhate M. * ; Serraj M. * ; Elbiaze M. * ; Benjelloun MC. * ; Amara B. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK