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Introduction
Le cancer broncho-pulmonaire constitue l’un des cancers les plus fréquents et les plus graves dans le monde. Au-delà de son impact somatique, il entraîne des répercussions psychologiques et sociales importantes, affectant la qualité de vie des patients et de leurs familles. L’évaluation de cet impact psychosocial est essentielle afin d’adapter la prise en charge globale, Le But du travail est d’évaluer l’impact psychosocial du cancer broncho-pulmonaire.
Méthodes
Nous avons mené une étude descriptive au service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech, incluant les patients suivis pour cancer broncho-pulmonaire entre Octobre 2024 et Aout 2025.
Résultats
L’étude a porté sur 54 patients atteints de cancer broncho-pulmonaire, soixante-douze pour cent étaient des hommes avec un âge moyen de 59 ans (extrêmes 38–75 ans). La majorité des patients présentaient une maladie à un stade localement avancé ou métastatique. Sur le plan psychologique, 61% des patients présentaient des signes cliniques d’anxiété, caractérisés par une hypervigilance, une irritabilité et des troubles du sommeil, tandis que 48% souffraient d’un état dépressif manifeste, avec une diminution de la motivation, une anhédonie et des difficultés dans la gestion des activités quotidiennes. L’intensité de ces troubles psychologiques était corrélée à la sévérité et au stade évolutif du cancer, les patients aux stades avancés présentant des scores plus élevés d’anxiété et de dépression. La dimension sociale était également compromise. 44% des patients rapportaient un isolement social progressif, avec une réduction notable des interactions interpersonnelles et communautaires. 37% décrivaient des conflits ou des difficultés dans les relations familiales, souvent en lien avec la dépendance accrue ou la charge de soins imposée aux proches. Sur le plan professionnel, 29% des patients avaient subi une interruption ou une perte d’emploi, entraînant des conséquences économiques et psychosociales importantes. Globalement, 67% des patients estimaient que leur qualité de vie globale était altérée, en lien avec la combinaison des symptômes physiques (dyspnée, fatigue, douleur), de la détresse psychologique et des limitations sociales et professionnelles.
Conclusion
Le cancer broncho-pulmonaire entraîne un retentissement psychosocial majeur, caractérisé par une anxiété et une dépression fréquente, un isolement social et une altération de la qualité de vie. Ces effets sont plus marqués chez les patients aux stades avancés et soulignent l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire intégrant suivi médical, soutien psychologique et accompagnement social.