· Abstracts CPLF 2026

Embolie pulmonaire chez les patients atteints de cancer du poumon

Résumé PO19-501
Bouguerra K.*1 ; Habouria Ch.1 ; Bougacha MF.1 ; attoumi A.1 ; Ben romdhane H.1 ; Bechouch I.1 ; Belloumi N.1 ; Chermiti F.1 ; Fennich S.1
1Pavillon 4, Hôpital abderhamen Mami, Ariana, Tunisie.

Auteur correspondant : Bouguerra K. email


Introduction

Il est bien établi que le cancer constitue l’un des principaux facteurs de risque acquis de la maladie veineuse thromboembolique (MVTE).Chez les patients atteints de cancer du poumon (CBP), le diagnostic de l’embolie pulmonaire (EP) reste difficile, probablement en raison de la présentation atypique de la maladie, rendant son identification plus complexe.

Comprendre les caractéristiques cliniques et paracliniques de l’EP dans le contexte du CBP pourrait permettre d’optimiser l’approche diagnostique ainsi que la prise en charge thérapeutique. Ainsi, à travers cette étude, nous visons à identifier les caractéristiques cliniques, paracliniques, thérapeutiques et pronostiques de l’EP chez les patients atteints de CBP.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive, menée dans le service de pneumologie du Pavillon 4 de l’Hôpital Abderrahmane Mami sur une période de 12 ans (2012-2023), incluant des patients atteints de CBP associé à une EP.

Résultats

Quatre-vingt-huit patients ont été inclus dans l’étude, avec un âge moyen de 64 ± 9,6 ans. Le sex-ratio était de 34. Tous les patients avaient des antécédents de tabagisme, avec une moyenne de 42,5 paquets-années. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), suivie de l’hypertension artérielle, étaient les comorbidités les plus fréquentes, tandis que des antécédents de la MVTE n’étaient retrouvés que dans 4 % des cas. L’adénocarcinome (53 %) était le type histologique le plus fréquemment associé à la MTVE, suivi du carcinome épidermoïde (23 %). Un stade avancé (IIIb ou IV) était observé chez 92 % des patients. La chimiothérapie était le traitement le plus couramment utilisé, administrée à 52,3 % des patients, principalement à base de sels de platine associés à une molécule de nouvelle génération. Dans le cadre des thérapies ciblées, deux patients porteurs de mutations EGFR ont été traités par Erlotinib, et un autre présentant une expression de PDL1 > 60 % a reçu une immunothérapie à base d’Atezolizumab. Le délai moyen d’apparition de l'EP était de 157,8 jours. Dans 36 % des cas, l’EP a été découverte de manière fortuite. Parmi les patients symptomatiques, la dyspnée (41 %) et la douleur thoracique (41 %) étaient les symptômes les plus fréquemment rapportés. Le traitement initial était l'héparine de bas poids moléculaire dans 96,5 % des cas, avec un relais par les anticoagulants oraux chez 28 % des patients. La durée moyenne du traitement était de 13 mois. La survie moyenne à partir du diagnostic de CBP était de 14 mois, contre 11 mois à partir de l’apparition de l'EP.

Conclusion

Cette étude met en évidence la forte incidence de l’EP chez les patients atteints de CBP ainsi que son impact sur la survie. Compte tenu de sa gravité potentielle, la compréhension des facteurs de risque et des mesures de prophylaxie est essentielle. En ce qui concerne le traitement, l’hémorragie demeure la principale préoccupation en matière de sécurité de l’anticoagulation, rendant l’évaluation du risque indispensable dans la prise en charge de l'EP.


Bouguerra K. * ; Habouria Ch. * ; Bougacha MF. * ; attoumi A. * ; Ben romdhane H. * ; Bechouch I. * ; Belloumi N. * ; Chermiti F. * ; Fennich S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.