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Introduction
Le cancer bronchopulmonaire est une pathologie fréquente et grave. Au cours de son évolution, des urgences respiratoires aiguës peuvent être responsables d’une morbi- mortalité importante. L’identification de facteurs prédictifs permettrait d’anticiper ces événements et d’optimiser la prise en charge des patients.
L'objectif de cette étude était de décrire les principales urgences respiratoires rencontrées au cours du cancer bronchopulmonaire et Identifier les facteurs prédictifs associés à la survenue de ces complications.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective menée au Pavillon 2 entre janvier 2022 et décembre 2024. Elle a porté sur 92 patients suivis pour cancer bronchopulmonaire. Les données cliniques, biologiques, radiologiques et évolutives ont été recueillies à partir des dossiers médicaux.
Résultats
L’étude a inclus 92 patients, tous tabagiques, d’âge moyen 63±8 ans. La BPCO était associée dans 32,6% des cas. La performance status moyenne était de 1 (0–3). La tumeur était proximale dans 67,4% et distale dans 32,6%. Le stade IV représentait 56,5%, le stade III 41,3% et le stade II 2,2%. Les types histologiques retrouvés étaient : carcinome épidermoïde 39,1%, adénocarcinome (ADK) 30,4%, carcinome à petites cellules 17,4%, carcinome à grandes cellules 2,2%, carcinome non à petites cellules 2,2%, et NOS 8,7%. Concernant les traitements, 73,9% ont reçu une chimiothérapie, 21,7% une radiothérapie, 15,2% étaient sous corticoïdes, et 3,2% sous anticoagulants. Les urgences respiratoires observées étaient dominées par la pneumopathie infectieuse (41,3%), de l’hémoptysie (10,9%), du syndrome cave supérieur (8,7%), de l’embolie pulmonaire (EP) (8,7%), de la pleurésie (6,5%), de l’obstruction bronchique (4,3%), du pneumothorax (2,2%) et du pyopneumothorax (2,2%). Ces urgences survenaient dans 69,6% des cas après le début du traitement, avec un délai moyen de 140 jours (0–720). Les principales conséquences étaient un séjour en réanimation a été noté dans 2,2%, un décès dans 17,4%, un retard thérapeutique dans 63% et un arrêt définitif du traitement dans 15,2% des cas. L’analyse des facteurs de risque a montré que l’hémoptysie était plus fréquente chez les patients de stade III (60%, p=0,018) et chez ceux ayant une tumeur centrale (60% vs 40%, p=0,055). La pneumopathie infectieuse survenait plus souvent chez les patients âgés de plus de 65 ans (52,6% vs 47,4%, p=0,5) et chez ceux avec un PS>1 (57,9% vs 42,1%, p=0,08) sans différence significative. L’EP était plus fréquente chez les patients avec un ADK (50%, p=0,6).
Conclusion
Les complications respiratoires aiguës sont fréquentes chez les patients atteints de cancer bronchopulmonaire et peuvent retarder la prise en charge. Le stade avancé, la localisation centrale et le mauvais état général semblent augmenter ce risque.