· Abstracts CPLF 2026

Cancer bronchique au cours des papillomatoses respiratoires récurrentes (PRR) : données de l’étude Papilloma-Lung Cancer

Résumé PO05-214
Slomka J.*1 ; Maitre T.1 ; Ratsihorimanana R.2 ; Camuset J.3 ; Bourdin A.4 ; Ngo M-T.5 ; Borie R.6 ; Burgel P-R.7 ; Dumenil C.8 ; Favrolt N.9 ; Fortin M.10 ; Gounant V.6 ; Goupil F.11 ; Mankikan J.12 ; Riviere F.13 ; Sanchis-Borja M.14 ; Vergnon J-M.15 ; Guibert N.16 ; Cottin V.17 ; Cadranel J.1
1Service de Pneumologie et d'oncologie Thoracique et Centre Constitutifs Maladies Pulmonaires Rares, Hôpital Tenon, Paris, France ; 2Service de Pneumologie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, France ; 3Service de Chirurgie Thoracique de l’Hôpital Tenon, Paris, France ; 4Service de Pneumologie, CHU de Montpellier, France ; 5Service de Pneumologie, Hôpital Foch, Suresnes, France ; 6Thoracic Oncology Department, Hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris, France ; 7Service de Pneumologie, Hôpital Cochin, Paris, France ; 8Service de Pneumologie et oncologie Thoracique, Hôpital Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt, France ; 9Service de Pneumologie, Hôpital de Dijon, Paris, France ; 10Department of Pulmonology and Thoracic Surgery, Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec, Laval University, Quebec, QC, Canada ; 11Service de Pneumologie et d’Oncologie Thoracique, Centre Hospitalier Le Mans, France ; 12Service de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire de Tours, France ; 13Service de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire de Caen Normandie, France ; 14Service de Pneumologie, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris, France ; 15Service de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire de Saint-Étienne, France ; 16Service de Pneumologie, CHU de Toulouse, France ; 17Service de Pneumologie, Hospices Civils de Lyon, Hôpital Louis Pradel, Lyon, France

Auteur correspondant : Slomka J. email


Introduction

La PRR est une infection chronique par HPV (sérotype 6 et 11) responsable de la formation de lésions de papillomes touchant initialement la sphère ORL, mais pouvant migrer au niveau des voies aériennes inférieures : trachée, bronche, poumon. On distingue les formes juvéniles (PPR-J) diagnostiquées avant l’âge de 18 ans et la forme de l’adulte (PPR-A). Une étude observationnelle réalisée par OrphaLung et GETIF a permis d’identifier 67 cas en France et au Québec suivis à l’âge adulte (ERJ 2025). L’objectif de l’étude était de décrire les caractéristiques, cliniques, radiologiques, thérapeutiques et le pronostic des transformations malignes (PRR-M).

Méthodes

Etude multicentrique rétrospectives des cas de PRR-M survenus dans la cohorte Papilloma-Lung au 1er juillet 2025. Ont été inclus les PRR ayant une atteinte trachéobronchique et/ou pulmonaire confirmée histologiquement et une transformation maligne documentée. L’étude a été approuvée par le CEPRO de la SPLF (CEPRO 2022-007).

Résultats

Au sein de cette cohorte nous avons identifié une transformation maligne (PPR-M) chez 15/67 (22%) d’entre eux, dont 5 (33%) sont décédés et 3 (20%) sont perdus de vue. Dix cas sur 15 (66%) étaient des femmes, 8 (53%) présentaient une PRR-A et 7 (46%) étaient fumeurs ; une exposition aux hydrocarbures était présente chez un patient. L’atteinte ORL était présente chez 13 cas (86%), l’atteinte trachéale chez 14 cas (93%), bronchique chez 10 (66%) et l’atteinte pulmonaire chez 7 cas (46%). Le génotypage viral disponible chez 11 cas (73%) était : HPV 6 (n=3), HPV 11 (n=3), HPV 6+11 (n=2), HPV 16 (n=2), et HPV 33 (n=1). Le délai médian entre le diagnostic de la PRR et celui de l’atteinte respiratoire basse était de 9 ans (Q1=1,5 ans ; Q3=24,5 ans) et entre celle-ci et la PRR-M était de 14 ans (Q1=5,5 ans ; Q3=31 ans). Trois patients (20%) présentaient un second cancer ORL HPV-induit, tandis qu’aucun cas de cancer HPV-induit extra-cervico-thoracique n’a été observé. Le PS au diagnostic était 0-1 chez 8 patients et 2 chez 1. Le stade TNM (n=12) était localisé (n=3), localement avancé (n=7) et métastatique (n=1). Tous les patients sauf 1 (93%) ont bénéficié d'une résection mécanique endobronchique des lésions papillomateuses. La différence moyenne de SUVmax était non cliniquement significative à 1,1 (n=11) entre les lésions bénignes et malignes. Tous les cancers étaient des carcinomes épidermoïdes. L’expression de PD-L1 (n=10) était≥50% dans 2 cas, 1-49% dans 5 cas et négatif dans 3 cas. Des altérations moléculaires (n=7) de BRAF et d’AKT ont été identifiées chez 2 patients. Sept patients ont été opérés (50%), 5 ont reçu une radiothérapie (36%) et 2 une radio chimiothérapie (14%).

Conclusion

La transformation tumorale des voies respiratoires inférieures chez les patients atteints de PRR n’est pas rare et concerne environ un tiers des cas. Elle survient principalement à un stade précoce, chez des patients en bon état général. L’ensemble de ces transformations correspond à des carcinomes épidermoïdes.


Slomka J. * ; Maitre T. * ; Ratsihorimanana R. * ; Camuset J. * ; Bourdin A. * ; Ngo M-T. * ; Borie R. * ; Burgel P-R. * ; Dumenil C. * ; Favrolt N. * ; Fortin M. * ; Gounant V. * ; Goupil F. * ; Mankikan J. * ; Riviere F. * ; Sanchis-Borja M.Vergnon J-M. * ; Guibert N. * ; Cottin V. * ; Cadranel J. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.