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Résumés CPLF 2026 

Asthme associé au SAHOS : quel impact sur le contrôle respiratoire et la qualité de vie ?

Résumé PO02-148
Kandil A.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : Kandil A. 


Introduction

L’asthme et le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) sont deux pathologies chroniques en nette augmentation. Leur coexistence, décrite comme le « syndrome d’overlap », constitue une entité particulière caractérisée par une inflammation chronique des voies aériennes, une obésité souvent associée et un impact marqué sur la qualité de vie. Plusieurs études montrent que la prévalence du SAHOS est significativement plus élevée chez les asthmatiques que dans la population générale, atteignant jusqu’à 40% chez les asthmatiques sévères. Cette association est désormais reconnue comme un facteur indépendant de mauvais contrôle de l’asthme, justifiant un dépistage systématique dans les formes réfractaires.

Méthodes

Étude rétrospective menée au service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech, de juillet 2024 à juillet 2025, incluant des patients asthmatiques présentant un SAHOS associé.

Résultats

La série comportait 20 femmes (62%) et 12 hommes (38%), d’âge moyen 52 ans (30–68 ans). Les antécédents retrouvés étaient : HTA (27%), diabète (18%), rhinite allergique (45%), conjonctivite (27%) et reflux gastro-œsophagien (18%). Cliniquement, l’obésité était présente chez tous les patients : modérée (22%), sévère (31%) et morbide (16%). Un rétrognathisme était noté dans 12% et une hypertrophie amygdalienne dans 16%. L’asthme était persistant sévère dans 44% et modéré dans 25%. La spirométrie montrait un trouble ventilatoire obstructif sévère (19%), modéré (34%) et léger (16%). L’IAH moyen était de 28 : SAHOS sévère (31%), modéré (22%), léger (16%). Le traitement associait systématiquement corticoïdes inhalés et bronchodilatateurs à longue durée d’action. La PPC était indiquée chez 25% des patients et une orthèse mandibulaire chez 3%. la PPC améliore significativement le contrôle de l’asthme, réduit la fréquence des exacerbations et améliore la qualité de vie. Les recommandations internationales (ERS/ATS) insistent sur le dépistage du SAHOS dans tout asthme sévère ou mal contrôlé, ainsi que sur la prise en charge conjointe de l’obésité, qui constitue un facteur aggravant commun.

Conclusion

L’association asthme–SAHOS constitue un facteur majeur de mauvais contrôle de la maladie, en lien avec l’inflammation persistante, l’obésité et la mauvaise qualité du sommeil. Le dépistage précoce et la prise en charge conjointe restent essentiels. Mais une interrogation demeure : la correction des facteurs métaboliques associés, notamment l’obésité et le syndrome métabolique, pourrait-elle modifier l’évolution du couple asthme–SAHOS et réduire le recours à la PPC ?


Kandil A. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK