· Abstracts CPLF 2026

Asthme et dilatation de bronches : un facteur de mauvais contrôle ?

Résumé PO02-146
Kandil A.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital Arrazi, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : Kandil A. email


Introduction

L’asthme est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une inflammation des voies aériennes, responsable d’exacerbations répétées et parfois d’un remodelage bronchique. La dilatation des bronches (DDB) constitue une complication non négligeable, surtout chez les patients asthmatiques sévères. Leur association crée un cercle vicieux où l’inflammation favorise la colonisation bactérienne, ce qui aggrave les symptômes et le risque d’exacerbations.

Méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective entre janvier 2024 et mai 205 portant sur des patients présentant cette association et colligés au sein du service de pneumologie de l’hôpital Ar-Razi CHU Mohamed VI.

Résultats

La population était composée de 51% de femmes et 48% d’hommes, avec un âge moyen de 49 ans. Le tabagisme était retrouvé dans 21% des cas (15 PA en moyenne), et un antécédent de tuberculose dans 30%. Dans tous les cas, l’asthme précédait la survenue des DDB. Les comorbidités observées étaient : rhino-conjonctivite allergique (75%), reflux gastro-œsophagien (39%), diabète (6%) et obésité morbide (9%). Concernant le traitement, 75% des patients étaient au palier 4 de la classification GINA et 24% au palier 5. L’asthme était non contrôlé dans 78% des cas et partiellement contrôlé dans 22%. Par ailleurs, 78% des patients avaient présenté au moins une exacerbation nécessitant une hospitalisation. Les prélèvements microbiologiques étaient positifs dans 30% des cas : Streptococcus pneumoniae (12%), Haemophilus influenzae (9%), Pseudomonas aeruginosa (6%), Stenotrophomonas maltophilia (3%), et une flore polymorphe dans 6%. La prévalence de la DDB chez les asthmatiques sévères avoisine 36% et s’accompagne d’un VEMS/CVF plus bas et d’exacerbations plus fréquentes. Les recommandations actuelles insistent sur le maintien des corticoïdes inhalés chez les asthmatiques avec DDB et suggèrent un intérêt potentiel des macrolides et des combinaisons bronchodilatatrices, bien que les preuves restent limitées.

Conclusion

L’association asthme–DDB aggrave le contrôle de la maladie, augmente les exacerbations et favorise la colonisation bactérienne. Un dépistage précoce par TDM thoracique et une prise en charge adaptée sont nécessaires. Reste à déterminer : existe-t-il des phénotypes spécifiques d’asthmatiques avec DDB permettant une approche thérapeutique personnalisée ?


Kandil A. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.