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Introduction
L’insuffisance respiratoire aiguë hypercapnique (IRAH) est une urgence fréquente en pneumologie. Notre objectif était de rechercher les particularités de l’IRAH selon le genre.
Méthodes
Étude rétrospective menée sur les dossiers des patients hospitalisés à notre service (2023-2025) dans un tableau d’une IRAH avec recours à la ventilation non invasive. Deux groupes étaient comparés : Groupe 1 (G1) : les femmes vs Groupe 2 (G2) : les hommes.
Résultats
Cinquante-six patients étaient inclus (G1 : n=34 ; G2 : n=22). L’âge moyen était de G1 : 69,5 vs G2 : 60,7 ; p=NS. Le tabagisme et la consommation d’alcool étaient plus fréquents dans le G2 : p < 0,001 et p=0,01 respectivement. Les comorbidités les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle et le diabète ; toutes les deux plus retrouvées dans le G1 (p=0,01). Nous n’avons pas retrouvé de résultats significatifs en matière de signes fonctionnels hormis l’orthopnée laquelle était plus rapportée dans le G1 (p=0,04). L’indice de masse corporelle était de G1 : 37kg/m² vs G2 : 27,4kg/m² ; p=0,007. Les principales étiologies de l’IRAH dans le G1 étaient : une poussée d’insuffisance cardiaque gauche (G1 : 41% vs G2 : 14% ; p=0,02) et une décompensation de syndrome d’obésité hypoventilation (G1 : 21% vs G2 : 0% ; p=0,02). Chez les hommes, l’IRAH était le plus souvent liée à une exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive (G2 : 73% vs G1 : 18% ; p < 0,001). La tolérance initiale de la ventilation ainsi que les pressions initiales prescrites étaient comparables (p=NS). Le délai d’obtention d’un pH neutre était de G1 : 5 jours vs G2 : 9 jours ; p=NS.
Conclusion
Selon nos résultats, l’IRAH diffère selon le genre, notamment en termes de comorbidités et d’étiologies. Ceci permettrait de mieux orienter la prise en charge thérapeutique.