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Introduction
L’exacerbation de BPCO constitue un problème majeur de santé publique responsable d’une morbi-mortalité importante. Elle est souvent due à des causes infectieuses bactériennes et virales. Les nouveaux progrès de la biologie moléculaire ont mis en évidence la notion de microbiote respiratoire responsable de l’équilibre de l’homéostasie pulmonaire. Toute dysbiose pourra jouer un rôle de survenue ou d’aggravation d’une exacerbation. Le traitement par antibiothérapie empirique est largement utilisé, augmentant ainsi le risque de développer des résistances majeures. D’où l’intérêt d’une bonne compréhension de la physiopathologie microbienne afin d’adopter une prise en charge ciblée et personnalisée. L’objectif de notre étude est d’identifier la flore microbienne responsable des exacerbations de BPCO et d’évaluer la réponse clinique et biologique à l’antibiothérapie conventionnelle.
Méthodes
Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective portant sur 83 patients hospitalisés pour exacerbation de BPCO au sein du service de pneumologie du CHU MOHAMMED IV de Marrakech, sur une période de deux ans.
Résultats
Durant cette période, nous avons rassemblé 83 patients. L’âge moyen était de 59,72 ans avec une prédominance masculine de 92% (n=76). Tous les patients hommes étaient tabagiques actifs. La majorité des patients (75%) étaient dans les stades avancés de la BPCO (stades E selon le score GOLD) avec des antécédents d’hospitalisations fréquentes pour exacerbations de BPCO. Concernant la sévérité de l’épisode, 60% étaient des exacerbations modérées (n=60), tandis que 20% étaient sévères (n=17). La durée moyenne d’hospitalisation était de 13,44±3,52 jours. La recherche microbiologique était réalisée sur des crachats dans 95% et dans le liquide d’aspiration bronchique dans 5% des cas. La culture bactérienne était positive dans 70%, isolant en premier lieu Haemophilus Influenzae (45%), Streptococcus Pneumoniae (18%), Pseudomonas Aeruginosa et Enterobacter Cloacae (5%) dans chacune. Les virus identifiés par PCR multiplex étaient le virus rhinovirus humain dans 15% des cas et le virus de l'influenza (10%). Les co-infections bactériennes et virales étaient retrouvées dans 15% des cas. L’antibiothérapie prescrite principalement était l’Amoxicilline Acide Clavulanique chez 93% des patients. L’évolution était marquée par une bonne amélioration clinique, biologique et radiologique chez 86% des patients. Dans ce groupe, le DEP moyen à l’admission était de 197,5 L/min, s’améliorant ainsi d’une moyenne de 256,6 L/min. On notait également une négativation du bilan biologique avec amélioration de la CRP et de la procalcitonine. L’échec thérapeutique était décrit chez 6% des patients, chez lesquels l’antibiogramme a permis une adaptation thérapeutique adéquate, principalement par les fluoroquinoloques et les céphalosporines de 3e génération.
Conclusion
Les exacerbations de BPCO sont majoritairement liées à des causes infectieuses, bactériennes et virales avec une prévalence non négligeable de co-infections. L’utilisation systématique de l’amoxicilline acide clavulanique retrouve son efficacité dans la majorité des cas. Dans le cas échéant, il est indispensable d’adapter précocement l’antibiothérapie selon les résultats microbiologiques afin d’obtenir une prise en charge ciblée personnalisée et adéquate.