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Résumés CPLF 2026 

Empyème Pleural en Algérie : Étiologie Bactérienne et Implications pour l’Antibiothérapie Empirique

Résumé PO22-544
Bouanzoul M.A.*1,2
1Service de Contrôle de la Tuberculose et des Maladies Respiratoires, EPSP/DSP Touggourt, 30060, Touggourt, Algérie. ; 2Université d'Alger 1, Alger, Algérie

Auteur correspondant : Bouanzoul M.A. 


Introduction

L’empyème pleural est une cause significative de mortalité, un facteur de séjour hospitalier prolongé, et une source de coûts sanitaires élevés en Algérie. L’instauration d’une antibiothérapie adaptée en milieu hospitalier repose sur la connaissance des agents étiologiques, dont le profil microbiologique demeurait jusqu’à présent largement inexploré. Cette étude avait pour objectif de décrire le profil microbiologique des empyèmes pleuraux pris en charge dans un hôpital algérien.

Méthodes

Une étude rétrospective a été réalisée à partir des dossiers de 105 patients traités médicalement pour empyème pleural entre le 1er janvier 2019 et le 1er mai 2024. Les données démographiques et microbiologiques (cultures bactériennes, fongiques, et recherche de bacilles acido-résistants) ont été collectées et analysées.

Résultats

La population étudiée était majoritairement masculine (78,1%) avec un âge moyen de 52,8 ±17,3 ans. La majorité des empyèmes était d’origine communautaire (85,7% ; n=90). Un traitement antibiotique ambulatoire préalable avait été prescrit à 39% des patients (n=41), dont l’association amoxicilline + acide clavulanique chez 24 patients (22,9%). Dans 8,6% des cas (n=9), les patients avaient reçu une combinaison de deux antibiotiques ou plus avant leur hospitalisation. Chez le groupe de patients ayant pris une antibiothérapie ambulatoire, la durée médiane entre l’apparition des symptômes et l’hospitalisation était de 15 jours, contre 12,5 jours dans le groupe n’ayant pas suivi de traitement d’antibiotiques (p=0,223).

Les cultures du liquide pleural ont permis d’identifier un organisme microbien dans 38,1% des cas (n=40), et 25% des cultures étaient polymicrobiennes. Les pathogènes isolés étaient principalement les suivants : Streptococcus spp. (35%) [incluant viridans, pyogenes, constellatus et sanguinis], Staphylococcus Aureus (20%), Pseudomonas spp. (17,5%) et Klebsiella spp. (12,5%). Mycobacterium tuberculosis était l'agent causal dans 5,7% des cas, tandis qu’un pathogène fongique a été isolé dans 2,9% cas.

Les pathogènes prédominants dans le milieu communautaire étaient : Streptococcus spp. (27,5%), Staphylococcus aureus (15%), Streptococcus pneumoniae (12,9%), Pseudomonas spp. (9,7%) et Klebsiella spp. (6,4%). En revanche, dans les empyèmes nosocomiaux, les entérobactéries étaient majoritaires : Pseudomonas spp. (26,7%), Klebsiella spp. (20%), Burkholderia cepacia (5%), Acinetobacter spp. et Achromobacter spp. (2,5% des cas respectivement).

Dans les empyèmes communautaires, le régime antibiotique associant cefotaxime, gentamicine et métronidazole a présenté un taux de succès de 68,5% en première ligne.

Conclusion

Cette étude algérienne révèle que l’étiologie microbienne n’est identifiée que dans 38,1% des empyèmes pleuraux, ce qui confirme la nécessité d’un traitement antibiotique empirique urgent. Le régime associant cefotaxime, gentamicine, et métronidazole constitue une option thérapeutique relativement efficace (68,5%) en première ligne pour les empyèmes communautaires.


Bouanzoul M.A. *
*Déclare ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK