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Introduction
Les scarifications thoraciques, pratiques ancestrales encore répandues en Afrique subsaharienne, sont pratiquées par les tradithérapeutes pour traiter diverses affections respiratoires. Souvent réalisées dans des conditions d'hygiène précaires, elles exposent les patients à un risque accru de complications. Cette étude visait à en évaluer le rôle et l'importance dans les pathologies respiratoires au Burkina Faso.
Méthodes
Il s'est agi d'une étude transversale analytique menée sur huit mois (1er novembre 2024 au 5 juin 2025), incluant tous les patients porteurs de scarifications thoraciques vus en consultation et/ou hospitalisation dans trois structures hospitalières du Burkina Faso.
Résultats
30 patients ont été inclus (âge moyen 43,53 ans), majoritairement des hommes (63,33%), d'ethnie Mossi (70%), et non scolarisés (46,7%). L'indication était connue dans (73,33%) des cas, principalement les douleurs thoraciques (45,45%), la dyspnée (36,36%) et la toux (13,63%). Les scarifications étaient le plus souvent antérieures bilatérales (36,67%) et unilatérales (33,33%), réalisées sans consentement (56,67%), par des tradipraticiens (50%), sans asepsies et suivies d'une application de poudre calcinée(85%). La lame était l'instrument le plus utilisé chez (85%) des patients. Un tiers des patients rapportaient une guérison après scarification comparativement à (36,67%) ne connaissaient pas l'évolution de leur maladie. Les pathologies retrouvées incluaient les pneumopathies à germe banal (40%), la tuberculose (23,33%), l'asthme (16,67%,) la BPCO (10%) et les pleurésies purulentes (6,67%). Un tiers des patients rapportent une guérison après scarification soit (33,33%), une aggravation des symptômes chez (6,67%) et (36,67%) des patients ne savent pas l'évolution des symptômes. Dans notre étude nous avons trouvé un lien statistiquement significatif entre le type de substance utilisé pour la scarification et l'évolution de la symptomatologie après scarification. Les patients traités avec la poudre calcinée présentaient le plus souvent une guérison mais également davantage aggravation et des cas stationnaires que ceux traités avec les feuilles.
Conclusion
Les scarifications thoraciques demeurent une pratique courante au Burkina Faso dans le parcours de soins respiratoires, souvent sans consentement ni mesures d'hygiène. Leur impact thérapeutique réel reste limité avec un risque infectieux non négligeable. La sensibilisation communautaire et la prise en compte des ces réalités culturelles dans les stratégies de santé respiratoire sont nécessaires.