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Introduction
Le tabagisme est un facteur majeur de survenue de maladies respiratoires conduisant à une transplantation pulmonaire (TxP). Les données concernant le tabagisme après TxP demeurent limitées. Comprendre l’incidence et les déterminants du tabagisme après TxP est essentiel pour optimiser le pronostic à long terme.
Méthodes
Dans le cadre de cette étude de cohorte prospective réalisée de mars 2023 à août 2024 dans 11 centres français de transplantation, les receveurs de greffe pulmonaire ou cœur-poumons ont complété un questionnaire auto-administré anonyme lors de leur suivi de routine. Les données recueillies portaient sur le tabagisme avant et après la transplantation ainsi que sur les caractéristiques sociodémographiques, et ont été analysées de façon centralisée.
Résultats
Parmi les 946 receveurs avec des données complètes sur le tabagisme, 524 (55%) ont rapporté avoir fumé avant la transplantation. Parmi eux, environ 5% déclaraient fumer après la TxP. Le tabagisme post-transplantation était significativement associé à plusieurs facteurs démographiques et contextuels : sexe féminin, âge plus jeune, vie en célibataire, transplantation pour mucoviscidose, antécédent d’utilisation de cigarettes roulées, et exposition régulière au tabagisme de l’entourage familial ou amical. En analyse multivariée, l’âge jeune, le fait de vivre seul et le tabagisme de l’entourage étaient associés au tabagisme après transplantation. En raison du caractère anonyme des questionnaires, l’association entre tabagisme post-transplantation et évolution clinique n’a pas pu être étudiée.
Conclusion
Cette étude fournit des données multicentriques originales sur l’incidence et les déterminants du tabagisme après transplantation pulmonaire ou cœur-poumons. Une proportion faible mais significative de receveurs déclarent fumer après la greffe. Plusieurs facteurs sociodémographiques et contextuels ont été identifiés. Ces résultats soulignent la nécessité de programmes ciblés de prévention et d’accompagnement du sevrage tabagique chez les receveurs de greffe pulmonaire ou cœur-poumons. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact du tabagisme post-transplantation sur la survie du greffon et du patient