· Abstracts CPLF 2026

Prévalence et caractérisation de la dyspnée en population générale française : la cohorte CONSTANCES

Résumé PO07-247
Valery S.*1,2 ; Roche N.3 ; Delmas M.C.4 ; Goldberg M.5 ; Ribet C.5 ; Zins M.5,6,7 ; Leynaert B.1 ; Nadif R.1 ; Perez T.8
11Université Paris-Saclay, UVSQ, Univ. Paris-Sud, Inserm, Équipe d'Épidémiologie Respiratoire intégrative, CESP - Villejuif,France, ; 22Service de Pneumologie et soins intensifs, Hôpital Européen Georges Pompidou, APHP, Paris, France 3APHP Centre-Université de Paris, Hôpital et Institut Cochin, Service de Pneumologie, Paris, France , 4Santé Publique France, French National Public Health Agency, 12 Rue du Val d’Osne, 94415Saint Maurice Cedex, France ; 35Université Paris Cité, Université Paris-Saclay, UVSQ, INSERM, Epidemiological Population Cohorts Unit (UMS 011), France ; ; 46Université Paris Cité and Université Sorbonne Paris Nord, Inserm, INRAE, Centre for Research in Epidemiology and Statistics (CRESS), Paris, France. ; 57Centre d'Epidémiologie Clinique, Hôpital Hôtel Dieu, AP-HP, Paris, France ; 68CHU Lille, Clinique des Maladies Respiratoires U. Lille, Inserm, U1019, UMR 9017, Center for Infection and Immunity of Lille (CIIL), F-59000 Lille, France

Auteur correspondant : Valery S. email


Introduction

La dyspnée chronique est un symptôme fréquent, associé à une consommation importante de soins et, de façon indépendante, à une augmentation de la mortalité. Ce symptôme complexe et multifactoriel demeure insuffisamment caractérisé dans les grandes études épidémiologiques. L’objectif de ce travail était d’estimer la prévalence de la dyspnée et d’en identifier les facteurs associés au sein de CONSTANCES, la plus grande cohorte en population générale française.

Méthodes

Les données de spirométrie, le score de dyspnée mMRC (Modified Medical Research Council) et le statut tabagique étaient disponibles pour 114 346 des 205 116 adultes inclus entre 2012 et 2021. La dyspnée a été catégorisée en trois classes : mMRC 0, 1,≥2. Les différentes associations ont été évaluées grâce à des régressions log-binomiales bivariées (référence : mMRC=0) stratifiées selon le sexe.

Résultats

La prévalence pondérée de la dyspnée mMRC≥1 était de 23,8%, celle de la dyspnée mMRC≥2 de 11,9%. La prévalence était plus élevée chez les femmes : RR=2,68 [2,59–2,81]. Les analyses bivariées stratifiées sur le sexe ont identifié plusieurs variables associées avec la dyspnée, avec des RR plus élevés chez les hommes dans tous les cas sauf pour l’asthme au cours de la vie. Les RR ci-dessous sont relatifs aux hommes et à mMRC≥2. La dyspnée chronique était fortement associée à la bronchite chronique (RR=4,50 [4,05–4,98]), la bronchopneumopathie chronique obstructive (RR=7,84 [6,85–8,97]), l’asthme au cours de la vie (RR=1,61 [1,48–1,71]), un âge plus élevé, le tabagisme, les maladies cardiovasculaires (RR=2,57 [2,38–2,77]), la dépression (RR=3,82 [3,55–4,11]), l’état nutritionnel (relation en U avec l’IMC : RR=2,06 [1,44–2,93] pour un IMC< 18,5 kg/m², RR=6,64 [6,05–7,28] pour un IMC≥30 kg/m² ; p quadratique de tendance< 10⁻⁴, réf.=IMC entre 18,5 et 25 kg/m2). Une activité physique la plus élevée (variable composite : les tâches manuelles, le sport et le transport actif (vélo/marche à pied)) était associée négativement à la dyspnée (RR=0,11 [0,09-0,13]). Les facteurs socioéconomiques étaient positivement associés à la dyspnée chronique : faible revenu, faible niveau d’éducation et indice élevé de défavorisation sociale (FDep : quintile des plus défavorisés vs. quintile des moins défavorisés : RR 2,05 [1,82–2,31]). Bien que le grade mMRC≥2 soit le seuil généralement utilisé pour qualifier la dyspnée d’invalidante, les participants de grade mMRC1 déclaraient également d’importantes limitations liées à leur santé (RR=2,84 [2,49-3,25]).

Conclusion

La dyspnée chronique est fréquente dans la population générale, et plus d’un participant sur dix rapportait une dyspnée invalidante. Les facteurs associés étant multiples et fortement corrélés entre eux, une méthode de classification non supervisée est en cours afin d’identifier plus précisément les profils des participants dyspnéiques


Valery S. * ; Roche N. * ; Delmas M.C. * ; Goldberg M. * ; Ribet C. * ; Zins M. * ; Leynaert B. * ; Nadif R. * ; Perez T. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.