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Introduction
Le tabagisme demeure un problème majeur de santé publique et les méthodes classiques de sevrage présentent souvent des taux de succès limités. L’intelligence artificielle (IA), via des applications et des assistants numériques, pourrait offrir un soutien personnalisé, interactif et accessible aux fumeurs désireux d’arrêter. Cependant, l’acceptabilité de tels outils reste peu étudiée dans le contexte du sevrage tabagique.
Méthodes
Nous avons mené une étude transversale, durant le mois de Juillet 2025, utilisant un auto-questionnaire en ligne (Google Forms), diffusé aléatoirement auprès de fumeurs. Le formulaire explorait les caractéristiques sociodémographiques, les habitudes tabagiques, l’expérience de sevrage, la perception de l’IA et les conditions nécessaires à son adoption.
Résultats
L’âge moyen des participants était de 32,4±6,57 ans, avec une prédominance masculine (59,1%). Le niveau d’éducation était majoritairement universitaire (81,8%). La majorité se déclaraient à l’aise avec l’utilisation du smartphone (91%). La durée du tabagisme variait de 1 à plus de 20 ans, avec une consommation quotidienne inférieure à 10 cigarettes chez près de sept sur dix. Tous avaient déjà tenté un sevrage, principalement par substituts nicotiniques, applications numériques ou thérapies cognitivo-comportementales. Le score de Fagerström montrait une dépendance moyenne dans près des deux tiers des cas. La perception de l’IA était jugée utile ou intéressante par plus de 80%, bien que des inquiétudes subsistent (22,7% la jugeant inquiétante). Plus de la moitié considéraient qu’une IA pourrait adapter les conseils (59%) et maintenir la motivation (50%), mais la confidentialité des données demeurait une préoccupation majeure (63,6%). Les fonctionnalités les plus plébiscitées incluaient les conseils personnalisés (68,2%), les exercices de gestion du stress (68,2%), la personnalisation du programme (77,3%) et l’intégration d’un suivi humain (54,5%). Les craintes principales concernaient la confidentialité (77,3%), le manque d’empathie (77,3%) et le risque d’erreurs (50%). Les conditions jugées indispensables étaient la protection des données (90,9%), la validation scientifique (86,4%) et un coût abordable (77,3%). L’acceptabilité globale ressortait élevée, avec une large majorité prête à tester une application d’IA dédiée au sevrage tabagique (90,9%).
Conclusion
Cette enquête met en évidence une forte acceptabilité de l’IA comme outil d’aide au sevrage tabagique, malgré des réserves liées à la confidentialité et à l’absence d’empathie. La combinaison d’un suivi humain et d’une personnalisation de l’accompagnement apparaît comme un levier essentiel pour favoriser son adoption. Ces résultats encouragent le développement d’outils d’IA validés scientifiquement et culturellement adaptés aux besoins des fumeurs.