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Résumés CPLF 2026 

Facteurs prédictifs de négativation des bacilloscopies au cours de la tuberculose pulmonaire

Résumé PO13-381
Aloulou Y.*1,2 ; Azib S.2 ; Abdelmoumen S.2 ; Ayari A.2 ; Nafeti O.2
1Université Tunis Elmanar, Faculté de Médecine de Tunis, Service de Pneumologie, Hôpital la Rabta, Tunis, TUNISIE ; 2Service de Pneumologie, Hôpital Menzel Borguiba, Bizerte, Tunisie

Auteur correspondant : Aloulou Y. 


Introduction

La tuberculose demeure un problème de santé publique à l’échelle mondiale. Il s’agit d’une maladie guérissable et cette guérison passe par une bonne prise en charge thérapeutique. Toutefois, l’évolution peut être compliquée par un échec thérapeutique ou un retard de négativation des bacilloscopies chez les patients tuberculeux même sous traitement.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective et comparative, incluant 163 patients suivis pour une tuberculose entre janvier 2024 et janvier 2025. Les patients ont été répartis en 2 groupes : G1=Patients ayant un retard de négativation des bacilloscopies (patients ayant un frottis positif à 2 mois du traitement antituberculeux) et G2=Patients n’ayant pas un retard de négativation des bacilloscopies.

Résultats

Le groupe G1 représentait 70,5% (n=115) et le groupe G2 29,4% (n=48). L’âge ne différait pas entre les 2 groupes (G1 : 45 ans vs G2 : 46 ans, p=0,5). Une prédominance masculine était notée dans les deux groupes (72% vs 82,6%) sans différence significative (p ˃0,05). Un bas niveau socio-économique était constaté dans 72% des patients du G1 et 51,3% des patients du G2 (p< 0,05, r :0,23). Dix-sept pour cent des patients du G1 étaient incarcérés vs 8% du G2 (p< 0,05, r :0,56). Le tabagisme était retrouvé chez 20 patients (80%) du G1 et 87 patients du G2 (75,7%), avec une intoxication tabagique moyenne de 34 paquets-année dans G1 vs 19 paquets-année dans G2 (p< 0,05, r : 0,62). L’éthylisme était retrouvé chez 9 patients du G1, soit 36% des cas et 38 patients du G2 (33%) (p ˃0,05). La toxicomanie était rapportée chez 6 patients du G1 (24%) et 9 patients du G2 (7,8%). (p< 0,05, r : 0,56). Le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes de la maladie et la consultation spécialisée était de 65 jours pour G1 [21 jours -120 jours] et 69 jours pour G2 [15 jours -90 jours] (p ˃ 0,05). Dans notre série, l’altération de l’état général était présente chez 20 patients du G1 soit 80% et 94 patients du G2 soit 81,7% (p ˃0,05). Les signes fonctionnels extra-respiratoires n’étaient pas différents entre les deux groupes (p ˃0,05). La toux était le symptôme respiratoire le plus fréquemment rencontré dans les 2 groupes (52% vs 50,4% avec p=0,056). L’hémoptysie était plus fréquente chez le G1 (44,3% vs 22,1%) avec (p < 0,05 ; r :0,23). Une lymphopénie (≤1500 /mm3) était retrouvée chez 14 patients du G1 (56%) et chez 24 patients du G2 (20,8%) (p< 0,05, r : 0,66). La C Réactive protéine (CRP) était positive dans tous les cas, avec une moyenne plus élevée dans le G1 à 111,41 mg/L vs 66,42 mg/L dans le G2 (p< 0,05, r :0,46). Les stades radiologiques de brouet 3 et 4 étaient les plus fréquents chez le G1, présents respectivement dans 61% et 19% des cas. Cependant, les stades de brouet 1 et 2 étaient les plus fréquents chez le G2, présents respectivement dans 33% et 34% des cas. Une association était constatée entre l’étendue des lésions radiologiques en fonction de la classification du Brouet (stade 3 et 4) et le retard de négativation des bacilloscopies avec un p=0,037 et r : 0,68. Tous les patients ont recu un traitement anti-tuberculeux. Les patients du G1 étaient plus fréquemment de mauvais observants (28% vs 17,4%, p=0,03, r : 0,72). Le nettoyage radiologique total était constaté dans 24% des cas du G1 vs 52% des cas du G2, (p < 0,001, r :-0,81). Les séquelles radiologiques étaient plus souvent notées dans le G1 (76% vs 48% ; p : 0,001, r :0,79).

Conclusion

Un retard de négativation des bacilloscopies est un facteur important dans le pronostic de la tuberculose pulmonaire. Le meilleur traitement reste préventif en se basant sur le renforcement du programme de lutte antituberculeuse afin d’espérer un jour l’éradication de cette infection de notre pays.


Aloulou Y. * ; Azib S. * ; Abdelmoumen S. * ; Ayari A. * ; Nafeti O. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK