· Abstracts CPLF 2026

Réduction des exacerbations selon les biomarqueurs inflammatoires de type 2 associés au traitement par dupilumab chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Résumé PO04-198
Deslée G.*1 ; Couillard S.2 ; Ramakrishnan S.3 ; Pavord I.D.4 ; Çolak Y.5,6 ; Buhl R.7 ; Bauer D.8 ; Soliman M.9 ; Heble J.8
1INSERM U1250, Hôpital Universitaire de Reims, Reims, France ; 2Université de Sherbrooke, Sherbrooke, QC, Canada ; 3Institut pour la santé Respiratoire, Université d’Australie occidentale, Perth, WA, Australie ; 4Unité de Médecine Respiratoire, Département de Médecine de Nuffield, Université d’Oxford, Oxford, Royaume-Uni ; 5Hôpital Universitaire de Copenhague – Herlev et Gentofte, Copenhague, Danemark ; 6Université de Copenhague, Copenhague, Danemark ; 7Hôpital Universitaire de Mainz, Mainz, Allemagne ; 8Sanofi, Bridgewater, NJ, États-Unis ; 9Regeneron Pharmaceuticals Inc., Tarrytown, New York, États-Unis

Auteur correspondant : Deslée G. email


Introduction

Les biomarqueurs de l’inflammation de type 2 (T2), tels que les éosinophiles sanguins (EOS) et la fraction exhalée du monoxyde d’azote (FeNO), peuvent aider à prédire la réponse au traitement. Le dupilumab, anticorps monoclonal humain, bloque la signalisation des interleukines-4/13, élément clé de l’inflammation T2. Dans BOREAS et NOTUS, l’ajout du dupilumab 300 mg toutes les 2 semaines au traitement standard a réduit les exacerbations modérées ou sévères, les biomarqueurs T2, et amélioré la fonction respiratoire chez des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) avec inflammation T2. Le profil de sécurité était conforme aux données connues. Cette analyse post hoc a évalué la valeur prédictive des EOS et de la FeNO à l’inclusion sur réponse au dupilumab.

Méthodes

BOREAS (NCT03930732) et NOTUS (NCT04456673), essais de phase 3 randomisés vs placebo, ont inclus 1 874 patients (40-85 ans) atteints de BPCO modérée à sévère avec d’inflammation T2 (EOS≥300 cellules/µL) sous triple thérapie (bêta-2 agonistes et antagonistes muscariniques de longues durées d’action et corticostéroïdes inhalés (CSI)). Les patients ont reçu du dupilumab 300 mg ou un placebo toutes les 2 semaines pendant 52 semaines. Les taux annualisés d’exacerbations modérées ou sévères ont été évalués selon les biomarqueurs T2 (EOS et FeNO à l’inclusion), via un modèle binomial négatif intégrant le groupe de traitement, l’étude, la région, la dose de CSI, le statut tabagique au moment du screening, la sévérité, le nombre d’exacerbations antérieures, une transformation polynomiale du biomarqueur en variable continue et l’interaction biomarqueur-traitement.

Résultats

Les réductions des taux d’exacerbations ont été observées selon les taux d’EOS à l’inclusion (dupilumab : 0,57 [0,51–0,63] pour 300 cellules/µL à 0,58 [0,51–0,65] pour 900 cellules/µL ; placebo : 0,81 [0,73–0,89] pour 300 cellules/µL à 0,81 [0,73, 0,89] pour 900 cellules/µL). Une réduction du ratio de traitement est associée à l’augmentation du FeNO (0,69 [0,60–0,80] pour FeNO≥20 ppb à 0,56 [0,46–0,69] pour FeNO≥40 ppb), indiquant une valeur prédictive significative (p=0,006) pour l’interaction traitement–FeNO, contrairement aux EOS (p=0,087). Les réductions des taux d’exacerbations ont également été observées indépendamment des taux d’IgE (dupilumab : 0,56 [0,50–0,63] pour IgE 100 UI/mL à 0,53 [0,44–0,63] pour 1 000 ; placebo : 0,82 [0,74–0,90] à 0,78 [0,67–0,92]).

Conclusion

Dans BOREAS et NOTUS, le dupilumab a réduit les exacerbations vs placebo, indépendamment des taux d’EOS et d’IgE. Les niveaux de FeNO à l’inclusion étaient associés à une meilleure réponse au traitement, suggérant son intérêt dans la prise en charge de la BPCO inflammatoire T2.


Deslée G. * ; Couillard S. * ; Ramakrishnan S. * ; Pavord I.D. * ; Çolak Y. * ; Buhl R. * ; Bauer D. * ; Soliman M. * ; Heble J. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.