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Introduction
Les expositions environnementales et professionnelles sont reconnues comme facteurs de risque des pneumopathies d’hypersensibilité et des pneumoconioses mais ce rôle reste discuté pour les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) idiopathiques. Cette étude cas-témoins exploratoire visait à étudier si la progression de la fibrose pulmonaire chez des patients atteints de PID fibrosantes était liée à la présence de polluants chimiques, biologiques, physiques dans le logement et/ou de facteurs de risque environnementaux domestiques.
Méthodes
L’appariement a été réalisé selon le ratio de 1 cas (PID progressive) pour 2 témoins (PID non progressive). Les patients inclus ont bénéficié d’un audit de conseiller médical en environnement intérieur à domicile permettant de prélever les polluants suivants : particules, NO2, COV, CO2, aldéhydes, moisissures et allergènes d’acariens. Les données sur le mode de vie et l’histoire professionnelle ont été collectées par questionnaires. En raison du faible effectif, seules des analyses statistiques descriptives ont été réalisées.
Résultats
Entre 2023 et 2025, 31 patients ont été inclus dont 12 présentant une PID progressive et 19 une PID non progressive durant les 12 derniers mois. Les analyses ont été réalisées chez 24 participants pour lesquels les données étaient complètes (12 progresseurs et 12 non progresseurs). Les concentrations médianes de PM2,5, PM10, NO2, CO2et de spores de moisissures (prélevées par lingettes électrostatiques) étaient plus élevées dans l’air des logements des patients progresseurs que chez les témoins : respectivement 19,5 vs. 12,0 µg/m3 ; 26,5 vs. 21,5 µg/m3 ; 17,0 vs. 11,0 µg/m3 ; 1475 vs. 1182 ppm ; 23,5 vs. 19,0 UFC/boîte (n=21 lingettes analysées). Les genres fongiques les plus fréquemment identifiés dans l’air des logements des patients progresseurs étaient Aspergillus, Cladosporium et majoritairement Penicillium. La concentration de spores fongiques dans la poussière de matelas (n=20 échantillons de masse suffisante) dépassait plus souvent le seuil de quantification chez les patients progresseurs : 27,3 vs. 22,2%. Ces derniers utilisaient davantage de produits de nettoyage irritants (66,7 vs. 37,5%), étaient plus exposés aux fientes de pigeons sur le rebord des fenêtres (50,0 vs. 37,5%) et avaient des expositions professionnelles plus fréquentes et diversifiées.
Conclusion
À ce stade, il est observé une exposition accrue à certains polluants dans l’environnement domestique des patients du groupe « progresseurs » par rapport au groupe témoin. Ces résultats soulignent la nécessité d’investigations à plus large échelle pour confirmer ces observations afin d’orienter les stratégies de prévention et d’améliorer la qualité de l’air intérieur des logements.
Avec le concours du "Programme National de Recherche Environnement-Santé-Travail de l’Anses avec le soutien des ministères chargés de l’environnement, de l’agriculture et du travail (ANSES-22-EST-093)