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Introduction
Les dilatations des bronches (DDB) constituent une pathologie respiratoire chronique, caractérisée par une dilatation irréversible et permanente des bronches, responsable d’infections respiratoires récurrentes et d’une altération progressive de la fonction pulmonaire. Elles représentent un motif fréquent d’hospitalisation lors de leurs exacerbations, particulièrement dans les pays à forte endémie tuberculeuse. Au Maroc, les données concernant le profil épidémiologique et clinique des patients hospitalisés pour exacerbations de DDB demeurent limitées. Cette étude vise à décrire le profil clinique, paraclinique et évolutif des patients hospitalisés pour exacerbations de DDB au CHR Hassan II d’Agadir.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive menée sur une période de trois ans (2022–2024) incluant l’ensemble des patients hospitalisés pour exacerbations de DDB confirmées au scanner thoracique. Les données démographiques, cliniques, étiologiques, bactériologiques, ainsi que l’évolution ont été collectées et analysées à partir des dossiers médicaux.
Résultats
Un total de 114 patients a été inclus, avec un âge moyen de 58,4±15,6 ans (24–87 ans) et une légère prédominance féminine (52,8%). Les hospitalisations étaient plus fréquentes en janvier et septembre (16,7% chacun), suivis du mois de mai (13,9%). Le motif principal d’hospitalisation était la surinfection bronchique (65,3%), devant l’embolie pulmonaire (15,3%), la greffe aspergillaire (6,9%), les décompensations cardiaques sur cœur pulmonaire chronique (8,3%), et plus rarement le pyopneumothorax (2,8%) ou le pneumothorax (1,4%). Concernant les étiologies des DDB, les séquelles de tuberculose pulmonaire représentaient la moitié des cas (50%), suivies des DDB secondaire à une polyarthrite rhumatoïde (8,3%), du syndrome de Kartagener (2,8%), du déficit immunitaire commun variable (1,4%). et de causes plus rares comme les DDB post infectieuse et les DDB localisée secondaire à une inhalation de corps étranger. Dans 33,3% des cas, l’étiologie restait indéterminée. L’imagerie montrait majoritairement des atteintes diffuses (81,9%) contre 18,1% de formes localisées. Dans 63,9% des cas, aucun germe n’a été isolé. Les agents les plus fréquents étaient Pseudomonas aeruginosa (9,7%) et le bacille de Koch (8,3%). Des isolats moins fréquents comprenaient Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, Pseudomonas fluorescens, Enterobacter aerogenes, ainsi que les virus InfluenzaÀ et SARS-CoV-2. Sur le plan évolutif, l’évolution était favorable dans la grande majorité des cas (94,4%), avec un retour à domicile après amélioration clinique et radiologique. Quatre patients (5,6%) sont décédés, principalement dans un contexte de décompensation respiratoire sévère ou de complications infectieuses et thromboemboliques.
Conclusion
Les exacerbations de DDB restent un motif majeur d’hospitalisation. Le Pseudomonas aeruginosa et le bacille de Koch prédominent au plan microbiologique, avec une mortalité faible mais significative, soulignant l’importance du dépistage précoce et d’une prise en charge adaptée au contexte épidémiologique.