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Introduction
Dans la littérature, la prévalence de l’hypoventilation nocturne résiduelle sous pression positive continue (PPC) chez les patients non sélectionnés traités pour un syndrome d’apnée du sommeil n’est pas décrite. . Une première étude pilote en 2023 avait mis en évidence une prévalence de 4% d’hypoventilation alvéolaire nocturne sous PPC chez des patients obèses suivis par des pneumologues. Cette seconde étude observationnelle prospective visait à évaluer la prévalence de l’hypoventilation alvéolaire nocturne chez des patients présentant une obésité sévère à massive (stades 2 et 3), traités par PPC et suivis par des médecins non pneumologues. L’objectif secondaire était d’analyser l’association entre hypoventilation alvéolaire nocturne et symptômes cliniques.
Méthodes
Les patients inclus étaient âgés de≥18 ans, avec un IMC≥35 kg/m², traités par PPC depuis au moins 6 semaines, indépendamment de l’utilisation quotidienne, avec un traitement considéré comme efficace (fuites médianes < 10 L/min, IAH < 10 événements/h), et suivis par un médecin non-pneumologue. Le seul critère d’exclusion était le refus de participation. Le dépistage de l’hypoventilation nocturne a été réalisé à domicile, sous PPC, par capnographie transcutanée (Sentec®), selon les critères de qualité du groupe GAVO2 (1). Le diagnostic d’hypoventilation alvéolaire était posé si la PTCCO₂ moyenne était≥50 mm Hg, ou en cas de pics répétés>10 mm Hg au-dessus de la ligne de base pendant≥10 minutes (2). Les symptômes évocateurs étaient recueillis à l’aide d’un questionnaire structuré comportant cinq questions fermées, visant à identifier : les réveils nocturnes, l’asthénie matinale, les céphalées matinales, la sieste quotidienne et la somnolence diurne. Les données sont présentées en moyenne±SD ou médiane [25ème–75ème percentile].
Résultats
Parmi les 61 patients inclus, 8 (13%) ont été exclus en raison d’une capnographie de qualité insuffisante. L’analyse a donc porté sur 53 patients (27 femmes ; âge moyen : 55±12 ans ; IMC : 41 [38–44] kg/m²). Une PPC en mode autopiloté était utilisée chez 46 patients (87%), avec une EPAP minimale de 5 [4–5] cm H₂O et maximale de 14 [10–15] cm H₂O. Les interfaces utilisées étaient un masque nasal dans 51% des cas, facial dans 34%, narinaire dans 10% et bucco-narinaire dans 5%. La PPC était prescrite à parts égales par des médecins généralistes et des cardiologues. L’hypoventilation alvéolaire nocturne a été diagnostiquée chez 13 patients, soit une prévalence de 25% (Tableau 1). Seules les nuits fractionnées étaient significativement associées à la présence d’une hypoventilation (p=0,024 ; test du Chi²).
Conclusion
Chez des patients obèses (stades II–III) traités par PPC et suivis par des non-pneumologues, l’hypoventilation alvéolaire nocturne pourrait concerner un patient sur quatre. Les symptômes cliniques ne permettent pas un dépistage fiable, soulignant l’importance du recours à des outils objectifs comme la capnographie transcutanée dans cette population.
Références
[1] ConseilsGAVO2-2023-2024
[2] J Clin Sleep Med. 2012,8(5):597-619.