·
Introduction
La tuberculose pulmonaire (TB) demeure endémique en Tunisie et constitue un problème majeur de santé publique. Les infirmiers, même en dehors des services de pneumologie, jouent un rôle central dans la détection précoce et la prise en charge des patients. Cette étude vise à évaluer leurs connaissances sur la TB pulmonaire.
Méthodes
Une étude transversale a été menée en janvier 2025 auprès de 63 infirmiers tunisiens exerçant hors des services de pneumologie. Un questionnaire structuré a permis de recueillir des données sociodémographiques et des informations relatives aux connaissances épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques sur la TB.
Résultats
L’âge moyen des participants était de 25–35 ans (47,6%), avec une expérience professionnelle moyenne de 10,9±8,5 ans. Le sex-ratio était de 0,19 (53 femmes/10 hommes). La TB a été correctement identifiée comme une infection bactérienne par 77,8% des infirmiers. La transmission par voie aérienne était connue par 92,1% des participants, mais des modes erronés tels que la transmission manuportée (30,2%) ou sanguine (14,3%) ont également été rapportés. Les signes cliniques les plus reconnus étaient la fièvre (77,8%), l’amaigrissement (73%) et la toux (60,3%). Concernant les facteurs de risque, l’immunodépression (57,1%), le contact intrafamilial (55,6%) et le tabagisme (50,8%) étaient les plus cités. La quadrithérapie initiale suivie d’une bithérapie était connue par 41,3% des participants. Les médicaments les plus cités étaient la rifampicine (74,6%) et l’isoniazide (73%). Enfin, 81% recommandaient un traitement de six mois et 69,8% considéraient la négativation bactériologique comme principal critère de succès.
Conclusion
Les connaissances des infirmiers tunisiens sur la tuberculose pulmonaire en dehors des services spécialisés apparaissent modérées, avec des lacunes concernant la transmission et les schémas thérapeutiques. Le renforcement de la formation continue est nécessaire afin d’optimiser la détection et la prise en charge de cette pathologie endémique.