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Introduction
Les maladies respiratoires professionnelles (MRP) constituent un enjeu majeur de santé publique. Leur reconnaissance au titre de maladie professionnelle permet non seulement d’assurer une meilleure prise en charge médicale et sociale, mais aussi de renforcer les actions de prévention en milieu de travail. L’objectif de notre travail était d’évaluer la transition épidémiologique des MRP indemnisées dans le secteur public durant les huit dernières années. Méthodes :
Il s’agissait d’une étude transversale rétrospective durant la période de huit ans allant de 2016 à 2024 portant sur les dossiers des maladies respiratoires déclarées et reconnues au titre de maladies professionnelles par la Commission Médicale centrale (CMC) dans le secteur public tunisien répartie sur deux périodes : P1 (2016-2019) et P2 (2020-2024).
Résultats
Sur un total de 51 dossiers de maladies respiratoires déclarées et reconnues par la CMC, nous avons colligé 27 dossiers durant P1 et 24 dossiers durant P2. L’âge moyen était de (42± 11 ans P1 vs 44±11 ans P2 ; p=0,50). La prédominance était féminine (59% P1 vs 54% P2 ; p=0, 714). Le secteur professionnel le plus représenté était celui de la santé (P1 92% vs P2 92% ; p=0,902). Le poste le plus occupé était celui des infirmiers (31% P1 vs 50% P2 ; p=0,351). La tuberculose était la maladie professionnelle la plus fréquente sur les deux périodes (63% P1 vs 79% P2 ; p=0,202). Un taux d’incapacité partielle permanente a été attribué pour trois cas durant la période P2 (p=0,05) avec un taux allant de 8% à 68%.
Conclusion
Notre étude met en évidence la prédominance persistante de la tuberculose parmi les MRP indemnisées dans le secteur public. L’évolution observée entre les deux périodes étudiées souligne la vulnérabilité du secteur de la santé face aux risques infectieux et l’importance de renforcer les mesures de prévention, de dépistage et de sensibilisation du personnel de soin.