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Résumés CPLF 2026 

Consultation d'aide au sevrage tabagique : profil de la femme tunisienne

Résumé PO07-263
Rouis H.1 ; Chariag M.*1 ; Belfeki N.1 ; Abdellatif S.1 ; Harizi C.2 ; Khattab A.1 ; Khouaja I.1 ; Zendah I.1 ; Fakhfakh R.2 ; Maalej S.1
1Pavillon 3, Hôpital Abderrahmane Mami, Ariana, Tunisie ; 2Service d’épidémiologie et de biostatistiques, Hôpital Abderrahmane Mami, Ariana, Tunisie

Auteur correspondant : Rouis H. 


Introduction

Le tabagisme féminin progresse en Tunisie malgré une prévalence encore sous-estimée. Les femmes fumeuses présentent des spécificités sociodémographiques et cliniques influençant leur prise en charge. Cette étude vise à décrire le profil des femmes tunisiennes consultant pour aide au sevrage tabagique.

Méthodes

Étude descriptive, prospective, monocentrique, menée entre 2020 et 2025 auprès de 120 patients en consultation d’aide au sevrage tabagique.

Résultats

Les femmes représentaient 39,2% de la population et elles étaient plus souvent célibataires ou sans emploi (p=0,004 ; p< 0,001), avec plus de comorbidités respiratoires (p=0,042) et psychiatriques (p=0,002). Concernant les habitudes tabagiques, les femmes déclaraient une durée de tabagisme plus longue (18,6±12,9 ans vs 12,7±13,8 ; p=0,042), fumaient plus fréquemment leur première cigarette dans les 30 minutes suivant le réveil (91,7% vs 76,4% ; p=0,031), et présentaient une dépendance nicotinique plus marquée (p=0,031), malgré une consommation quotidienne inférieure. En revanche, les hommes commençaient à fumer plus précocement (15,8±3,4 ans vs 19,6±5,8 ans ; p< 0,001) et initiaient le tabagisme régulier plus tôt (p=0,006), avec une consommation quotidienne de cigarettes significativement plus élevée (28,6 vs 23,5 ; p=0,021). Par ailleurs, l’usage de la cigarette électronique était significativement plus fréquent chez les femmes (p< 0,001). Le score de motivation au sevrage (QMAT) était globalement faible chez les femmes, sans différence statistiquement significative avec les hommes (p=0,12). La motivation personnelle était moins fréquente (p=0,104) et l’observance thérapeutique (p< 0,001) ainsi que le maintien du suivi médical (p< 0,001) étaient significativement plus faibles. Les symptômes de sevrage différaient selon le sexe avec des taux plus élevés de dépression (p=0,002), agitation (p=0,001), mauvaise humeur (p=0,004), prise de poids (p=0,003), étourdissements (p=0,015) et constipation (p=0,032) chez les femmes. Le taux de succès à 3 mois était de 3,1% chez les femmes contre 36,2% chez les hommes (p=0,002), malgré une durée moyenne d’abstinence comparable (p=0,964). Les rechutes féminines étaient majoritairement liées à des facteurs émotionnels.

Conclusion

Les femmes tunisiennes fumeuses présentent un profil de vulnérabilité marqué, combinant précarité sociale, forte dépendance, faible motivation et fragilité émotionnelle, nécessitant des stratégies d’aide au sevrage adaptées et sensibles au genre.


Rouis H. * ; Chariag M. * ; Belfeki N. * ; Abdellatif S. * ; Harizi C. * ; Khattab A. * ; Khouaja I. * ; Zendah I. * ; Fakhfakh R. * ; Maalej S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK