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Introduction
Le diagnostic des atteintes pulmonaires chroniques liées aux espèces d’Aspergillus non-fumigatus reste complexe.
Méthodes
Nous avons mené une étude observationnelle rétrospective, monocentrique, au sein d’un Service de pneumologie Français. Les patients inclus présentaient au moins un prélèvement respiratoire positif pour une espèce d’Aspergillus non-fumigatus, sans isolement concomitant d’A. fumigatus, sur une période de 16 mois. Les données collectées concernaient l’examen direct (ED), la culture fongique (CF), les IgG sériques spécifiques d’A. fumigatus, le galactomannane (GM) dans le lavage bronchoalvéolaire (LBA) et la PCR Aspergillus sur LBA. L’objectif était de déterminer la proportion de patients présentant un événement pulmonaire associé à une espèce d’Aspergillus non-fumigatus (colonisation ou maladie pulmonaire chronique), de caractériser les espèces isolées, et d’évaluer la performance diagnostique des tests disponibles.
Résultats
Entre avril 2017 et janvier 2022, 497 patients (39,6%) avaient au moins une culture positive pour une espèce d’Aspergillus non-fumigatus. Parmi eux, 52 présentaient un événement pulmonaire associé : 36 cas de colonisation et 16 cas de maladie pulmonaire documentée. Aspergillus niger était l’espèce la plus fréquemment isolée (41%), suivie de A. flavus (27%) et d’A. nidulans (10%) des cas (Figure 1). Les résultats positifs étaient obtenus dans 10/714 (1,4%) des échantillons pour l’ED, 77/1391 (5,5%) pour la CF, 11/160 (6,9%) pour le GM dans le LBA, 11/93 (11,8%) pour la PCR sur LBA et 13/81 (16,0%) pour les IgG sériques spécifiques d’A. fumigatus.
Conclusion
Les maladies pulmonaires chroniques nécessitant un traitement antifongique peuvent impliquer des espèces d’Aspergillus non-fumigatus. Néanmoins, leur diagnostic demeure difficile en raison de la faible sensibilité des outils actuels, soulignant l’importance de répéter les prélèvements respiratoires et les cultures fongiques.