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Optimisation de la durée de l'antibiothérapie dans la pneumonie prises en charge en milieu hospitalier : sécurité et efficacité d'une stratégie personnalisée

Bennouna E.*1 ; Rachid C.1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, Marrakech

Auteur correspondant : Bennouna E. 

Introduction

La pneumonie aigue communautaire (PAC) représente aujourd’hui le principal levier de prescription antibiotique en milieu hospitalier. Face à l’émergence préoccupante de l’antibiorésistance, la réduction de la durée d’exposition aux antibiotiques s’impose comme un enjeu stratégique de santé publique. Bien que plusieurs essais cliniques randomisés aient démontré la non-infériorité de schémas de courts par rapport aux traitements conventionnels, la transposition de ces preuves théoriques dans la pratique clinique routinière reste un défi. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’efficacité d’une antibiothérapie courte durée au cours d’une pneumonie traitée en milieu hospitalier.

Méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective qui a inclus des patients hospitalisés au sein du service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech avec un diagnostic de pneumonie aigue non compliquée sur une période allant de janvier 2026 à août 2026. Pour garantir la pertinence de l’analyse, plusieurs critères d’exclusion stricts ont été appliqués : une durée d’antibiothérapie totale inférieure à 3 jours ou supérieure à 10 jours, la présence d’un autre foyer infectieux concomitant nécessitant un traitement prolongé ou le caractère compliqué de la pneumonie. La stratégie reposait sur l’interruption du traitement (minimum 3 jours, maximum 7 jours) dès l’atteinte des critères de stabilité clinique.

Résultats

L'analyse a porté sur 49 patients. L'âge médian était de 72 ans, avec une part importante de patients immunodéprimés (35%). Si la majorité présentait une PAC (82%), l'étude a également inclus 12% de pneumonies d'inhalation. À l'admission, 61% des patients étaient oxygénodépendants et 37% présentaient une atteinte multi lobaire. Une documentation microbiologique a été obtenue dans 47% des cas. Les molécules prédominantes étaient l'amoxicilline-acide clavulanique (61%) et la ceftriaxone (23%). La mise en œuvre du protocole a permis d'aboutir à une durée médiane d'antibiothérapie de 4 jours (IQR 3-6). Le taux de succès clinique s'est élevé à 88%. Sur les 5 cas d'échec recensés (11,6%), un décès précoce est survenu à J4sous traitement initial. Concernant les 4 reprises d'antibiothérapie, une distinction majeure doit être soulignée : seuls 2 échecs concernaient le groupe traité par un schéma court. Il est à noter que la totalité des patients ayant nécessité une reprise antibiotique était immunodéprimée.

Conclusion

L'étude démontre qu'une antibiothérapie courte, calibrée sur la stabilité clinique à J3, constitue une alternative sûre et efficace pour les pneumonies hospitalisées non compliquées. En ramenant la durée médiane de traitement à 4 jours, cette stratégie offre une réponse concrète à la nécessité de diminuer la pression de sélection bactérienne sans compromettre la sécurité des patients. Cette approche personnalisée représente une avancée majeure dans l'optimisation des protocoles de soins en pneumologie infectieuse.


Bennouna E. * ; Rachid C. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.