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Introduction
. Les thérapies par cellules CAR-T ont transformé le pronostic des lymphomes B en rechute ou réfractaires. Leurs toxicités aiguës — syndrome de relargage cytokinique, neurotoxicité, hématotoxicité — sont désormais bien caractérisées, mais les complications pulmonaires, en particulier tardives, restent peu documentées. L'objectif principal était de décrire l'incidence et la nature des complications pulmonaires précoces et tardives après thérapie CAR-T ; les objectifs secondaires étaient d'en identifier les facteurs prédictifs et d'en déterminer le poids pronostique sur la mortalité globale.
Méthodes
. Étude observationnelle, rétrospective, monocentrique, incluant tous les patients majeurs traités par CAR-T dans le service d'hématologie des Hospices Civils de Lyon entre le 1er janvier 2017 et le 1er janvier 2023, soit 265 patients et 271 événements indépendants. Le suivi était de deux ans, censuré au décès, à une nouvelle ligne de traitement ou à la dernière consultation, avec un gel de la base au 1er janvier 2025. Le syndrome de relargage cytokinique et la neurotoxicité étaient gradés selon les critères ASTCT. Le TEP-TDM pré-thérapeutique a été systématiquement relu par un pneumologue. Les complications étaient classées en précoces (J0-J30) et tardives (J31 –2 ans), infectieuses ou non. Les comparaisons étaient univariées, à visée exploratoire.
Résultats
. La cohorte, exclusivement lymphomateuse (61,3% de lymphomes B diffus à grandes cellules, 24,0% de folliculaires), était à prédominance masculine (63,5%), d'âge moyen 60,7 ans (± 13,7). Parmi les patients au statut connu, 44,1% étaient fumeurs ou anciens fumeurs, 15,1% avaient un antécédent respiratoire documenté et seuls 4,1% avaient bénéficié d'une exploration fonctionnelle respiratoire pré-thérapeutique. Des complications pulmonaires précoces sont survenues chez 28 patients (10,3%), majoritairement infectieuses (n=22). Les complications tardives concernaient 114 patients (42,1%), infectieuses dans 41,0% des cas et dominées par le SARS-CoV-2 (19,2%) ; aucune atteinte interstitielle d'apparition ou d'aggravation tardive n'a été observée. La mortalité à deux ans atteignait 37,6%, de cause respiratoire dans 20,6% des cas — deuxième cause après la progression hématologique (67,7%). Le sexe masculin et les anomalies pleuro-parenchymateuses sur l'imagerie de référence étaient associés aux complications précoces comme tardives, l'antécédent respiratoire aux seules complications tardives. La survenue d'une complication précoce était associée à la mortalité (17,6% contre 5,9%).
Conclusion
. Les complications pulmonaires après CAR-T sont fréquentes, essentiellement infectieuses, et représentent la deuxième cause de mortalité. L'absence de complication interstitielle tardive, contrastant avec ce qui est observé après allogreffe, suggère un profil de toxicité propre à cette thérapeutique. Ces résultats plaident pour une évaluation pneumologique pré-thérapeutique systématique et un suivi respiratoire prolongé.
Mots-clés : Récepteurs chimériques pour l'antigène ; Lymphome B ; Maladies pulmonaires ; Infections de l'appareil respiratoire ; Immunothérapie adoptive ; Études rétrospectives.