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Déterminants cliniques, bactériologiques et radiologiques des séquelles au cours de la tuberculose pulmonaire

Hedhli A.1 ; Chouaiekh E.*1 ; Khalfallah M.1 ; Aloulou Y.1 ; Mjid M.1 ; Cheikhrouhou S.1 ; Toujani S.1 ; Dhahri B.1
1Université Tunis el Manar, faculté de Médecine de Tunis, Service Pneumologie Hôpital la Rabta, LR18SP02, Tunis, Tunisie

Auteur correspondant : Chouaiekh E 

Introduction

Malgré la guérison microbiologique, la tuberculose pulmonaire (TBP) peut laisser des lésions structurelles persistantes à l’origine d’une morbidité respiratoire durable. L’identification précoce des patients à risque de séquelles pourrait permettre d’optimiser leur suivi à long terme. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs cliniques, bactériologiques et radiologiques associés à la survenue de séquelles pulmonaires après TBP.

Méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective incluant 100 patients pris en charge dans notre service de pneumologie pour une tuberculose pulmonaire confirmée sur 5 ans (2016-2020). Les séquelles pulmonaires, évaluées au sixième mois de traitement, étaient définies par la présence d’au moins une dilatation des bronches séquellaire, une cicatrice fibreuse, un épaississement pleural ou un poumon détruit. Les facteurs étudiés comprenaient l’âge, les habitudes, la présentation radio-clinique et microbiologique.

Résultats

Parmi les 100 patients inclus, 62% présentaient au moins une séquelle pulmonaire à six mois. Le tabagisme était significativement associé à la survenue de séquelles, observées chez 71,8% des fumeurs contre 47,8% des non-fumeurs (p=0,044), et cette association persistait après ajustement (p=0,026). Les cicatrices fibreuses étaient également plus fréquentes chez les fumeurs (54,1% vs 24,0% ; p=0,011). Une relation dose-effet était retrouvée entre l’exposition tabagique cumulée et l’épaississement pleural, avec une augmentation de 33% des odds par tranche supplémentaire de 10 paquets-années (p=0,019). À l’inverse, la survenue de séquelles ne différait pas selon le statut diabétique (54,5% vs 53,8% ; p=0,954). Un délai diagnostique prolongé était significativement associé à un risque accru de séquelles pulmonaires (p=0,040). La persistance d’une bacilloscopie positive à deux mois était fortement associée à leur survenue (89,5% vs 59,2% ; p=0,015), ainsi qu’à celle d’une fibrose résiduelle (68,4% vs 40,7% ; p=0,041). De même, la présence d’une excavation pulmonaire au diagnostic était associée à une fréquence plus élevée de cicatrices fibreuses à six mois (51,1% vs 26,4% ; p=0,014). L’atteinte pulmonaire bilatérale était plus fréquente chez les patients toxicomanes (40,9% vs 22,7%), parmi lesquels 85% consommaient du cannabis. Après ajustement sur le tabagisme, la toxicomanie demeurait indépendamment associée à cette présentation radiologique étendue (p=0,047).

Conclusion

Les séquelles pulmonaires étaient fréquentes après TBP, concernant près de deux tiers des patients. Le tabagisme, le retard diagnostique, la persistance de la positivité bacilloscopique à deux mois et l’excavation initiale étaient les principaux facteurs associés au dommage pulmonaire résiduel, soulignant l’intérêt d’un suivi renforcé des patients à risque.


Hedhli A. * ; Chouaiekh E. * ; Khalfallah M. * ; Aloulou Y. * ; Mjid M. * ; Cheikhrouhou S. * ; Toujani S. * ; Dhahri B. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.