·
Introduction
La tuberculose multirésistante (TB-MR) et l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) constituent deux problèmes majeurs de santé publique. Leur association aggrave le pronostic des patients et complique la prise en charge thérapeutique. L’objectif de cette étude était de décrire les aspects cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs des patients co-infectés TB-MR/VIH suivis à Conakry.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive menée sur une période de six ans, du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2022, dans trois sites de prise en charge de la TB-MR à Conakry : Ignace Deen, Tombolia et le CATR de la Carrière. Ont été inclus les dossiers des patients atteints de TB-MR ayant une sérologie VIH positive. Les données sociodémographiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies puis analysées à l’aide des logiciels Word, Excel et Epi Info.
Résultats
Au total, 225 cas de coïnfection TB-MR/VIH ont été recensés parmi 1 339 patients suivis pour TB-MR, soit une fréquence de 16,80%. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 30 à 39 ans (43,11%), avec une légère prédominance masculine et un sex-ratio homme/femme de 1,1. Les patients mariés représentaient 50,22% des cas, suivis des célibataires (37,33%) et des veufs (12,44%). Les nouveaux cas étaient majoritaires (42,67%), suivis des rechutes de tuberculose sensible (26,67%) et des échecs du traitement de première ligne (21,78%). Les principaux signes cliniques étaient la toux chronique (88,89%), l’anorexie (79,56%), l’asthénie physique (76,89%), l’amaigrissement (68,44%) et la fièvre (56%). Les comorbidités les plus fréquentes étaient la dénutrition (69,78%), le prurigo (38,67%), les dermatophyties (9,78%), l’insuffisance rénale (4,44%), l’hépatite (3,56%) et le diabète (1,33%). Tous les patients ont reçu un traitement antituberculeux de deuxième ligne associé à un traitement antiretroviral. L’évolution était favorable dans 60,44% des cas ; 3,11% des patients étaient perdus de vue et 35,56% des décès ont été enregistrés.
Conclusion
La coïnfection TB-MR/VIH reste fréquente à Conakry, particulièrement chez les adultes jeunes et les nouveaux cas de tuberculose résistante. Malgré une évolution favorable observée chez plus de la moitié des patients, la mortalité demeure élevée. Ces résultats soulignent la nécessité d’un dépistage précoce, d’un suivi thérapeutique rapproché, d’une meilleure prise en charge nutritionnelle et d’un renforcement de l’observance thérapeutique.
Mots-clés : Tuberculose multirésistante ; VIH ; coïnfection ; aspects épidémiologiques ; évolution ; Conakry.
Références
1. République de guinée, guide technique de prise en charge de la tuberculose résistante, 4éme édition. 2021. (P11-12) (Vol 82).
2. F. B. R. Mbaye, C. Goumbo, N. Aliou, A. Ilham, N. O. Toure. Tuberculose multirésistante et VIH au Sénégal. Revue des Maladies Respiratoires Actualités 15 (2023) 74-274