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Introduction
Malgré la gratuité des traitements et la généralisation des tests moléculaires, le retard diagnostique de la tuberculose pulmonaire entretient la transmission communautaire et favorise les formes sévères de cette maladie. Cette étude visait à évaluer la fréquence et à identifier les déterminants du retard diagnostique de la TBP dans le district sanitaire de Saint-Louis (Sénégal).
Méthodes
il s'agissait d'une étude prospective, descriptive et analytique menée du 28 avril au 7 octobre 2025 au Centre de Diagnostic et Traitement de la tuberculose de Saint-Louis. Les patients adultes atteints de Tuberculose pulmonaire confirmée par le test Expert MTB/RIF ont été inclus de façon exhaustive. Les données sociodémographiques, cliniques, de connaissances et d'itinéraires thérapeutiques ont été recueillies via KoboToolbox et analysées sur SPSS v27. Les facteurs associés au retard de consultation et au retard de prescription du test Xpert ont été identifiés par le test du Chi² (p < 0,05)
Résultats
L'étude a inclus 197 patients(âge moyen : 34,5 ± 15 ans ; 61 % d'hommes, sex-ratio 1,56). La tranche d'âge 15–24 ans prédominait (28,4 %). La majorité résidait en zone urbaine et péri-urbaine(84,8%) et exerçait une activité professionnelle (69 %). Le niveau d'information global sur la maladie était élevé (92,3 %) : la toux (82,7 %), la gravité (89,0 %), la contagiosité (89,8 %) et la gratuité du traitement (91,4 %) étaient largement connues. La séroprévalence VIH était de 5,5 % avec un taux d'acceptation du dépistage de 99,5 %. Un retard de consultation a été constaté chez 33 % des patients (délai moyen de 3 mois). Il était significativement associé au faible niveau d'information sur la tuberculose pulmonaire (p=0,036), à la méconnaissance de sa gravité (p=0,045), de sa contagiosité (p=0,041), de son mode de transmission (p=0,035) et de la gratuité des soins (p=0,023). Le non-recours initial à un prestataire qualifié (50,8 % des cas) et le statut d'emploi influaient également le délai de consultation (p<0,05). Un retard de prescription du test Xpert MTB/RIF est survenu dans 15,7 % des cas. Ce retard lié au système de santé était significativement associé à la méconnaissance de la contagiosité (p=0,036) et du mode de transmission (p=0,045), à la stigmatisation (12,0 % des patients ; p<0,05), ainsi qu'à la présence de certains signes cliniques comme l'amaigrissement (p=0,044) et la toux (p=0,026). Le GeneXpert est revenu positif dans 90,3 % des cas.
Conclusion
Le retard diagnostique reste préoccupant à Saint-Louis, principalement porté par le retard de consultation. Les leviers d'action reposent sur le renforcement de la sensibilisation communautaire, la lutte contre la stigmatisation et le fléchage précoce des tousseurs chroniques vers des prestataires qualifiés.