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Introduction
La tuberculose pulmonaire demeure un problème majeur de santé publique, dont le diagnostic précoce et l’instauration rapide d’un traitement adapté conditionnent le pronostic. Les conduites addictives pourraient contribuer à un retard diagnostique et constituer un facteur de complexité dans la prise en charge de ces patients.
L’objectif est d'évaluer l’effet des conduites addictives sur le délai diagnostique et les modalités de prise en charge de la tuberculose pulmonaire.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et comparative ; incluant 93 patients suivis pour une tuberculose pulmonaire de 2023 à 2026 dans notre service de pneumologie, pavillon 3 de l’hôpital Abderrahman Mami de l’Ariana. Nous avons réparti les patients en deux groupes selon les addictions au tabac, à l’alcool et aux substances illicites.
Groupe 1 (G1) : patients tuberculeux non-addicts (n=58)
Groupe 2 (G2) : patients tuberculeux addicts (n=35).
Les données cliniques, biologiques, thérapeutiques et évolutives ont été comparées entre les deux groupes.
Résultats
L’âge moyen était de 45±18 ans, avec une nette prédominance masculine (84%). Les principales comorbidités étaient le diabète (14%), l’hypertension artérielle (7%) et les cardiopathies (4%).
Le délai moyen de consultation était significativement plus long chez les patients addicts, atteignant 80±16 jours contre 46±7 jours chez les non-addicts (p=0,041). Les hémopathies étaient plus fréquentes dans le G2 que dans le G1 (6% vs 2% ; p=0,048). À l’inverse, le diabète (16%) et l’hypertension artérielle (7%) étaient plus fréquents dans le G1, sans différence statistiquement significative entre les groupes (p=0,820 et p=0,560, respectivement).
Aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes concernant les principaux signes cliniques.
Sur le plan biologique, le taux moyen de lymphocytes était significativement plus faible chez les patients addicts (1 720±200/mm³ vs 3 100±550/mm³ ; p=0,028). Aucune différence significative n’a été retrouvée concernant l’hémoglobine et la CRP.
Les effets indésirables du traitement antituberculeux étaient rapportés chez 53% des patients du G1 contre 34% du G2, sans différence significative (p=0,650). La récidive tuberculeuse et le retard de négativation étaient plus fréquents dans le G2 (7% et 11%, respectivement), mais sans association statistiquement significative (p=0,340 et p=0,650).
Conclusion
Les conduites addictives sont associées à un retard significatif de consultation. Dans le contexte tunisien, leur dépistage systématique au sein du parcours de prise en charge de la tuberculose pourrait contribuer à renforcer le diagnostic précoce et à optimiser le suivi.