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Facteurs de vulnérabilité pulmonaire préexistante dans la survenue d’une pneumopathie induite par les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (CIP) dans le cancer du poumon : une étude pilote cas-témoins

Bouyer C.*1 ; Pluvy J.1,2 ; Habert P.3 ; Mogenet A.1,4 ; Greillier L.1,4 ; Tomasini P.1,2,4
1Département de Pneumologie, Hôpital Nord, Assistance Publique–Hôpitaux de Marseille (APHM), Marseille, France ; 2Réseau Oncosafety Marseille – Centre d’essais précoces en cancérologie (CEPCM), CHU Timone, Assistance Publique–Hôpitaux de Marseille, Aix-Marseille Université, Marseille, France ; 3Service d’imagerie médicale, Hôpital Nord, Assistance Publique–Hôpitaux de Marseille (APHM), Aix-Marseille Université, Marseille, France ; 4Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM), INSERM, CNRS, Aix-Marseille Université, Marseille, France

Auteur correspondant : Pluvy J 

Introduction

La pneumopathie induite par les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (CIP) est un événement indésirable immunomédié potentiellement sévère [1]. Les anomalies interstitielles pulmonaires (ILAs) [2] pourraient constituer des marqueurs radiologiques de risque, mais leurs caractéristiques scanographiques et et les autres facteurs de vulnérabilité pulmonaire restent incomplètement connus.

Méthodes

Nous avons conduit au CHU de Marseille une étude rétrospective monocentrique cas-témoins appariée 1 : 1 chez des patients atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) localement avancé non résécable ou métastatique, ou d’un cancer bronchique à petites cellules (CBPC) disséminé, traités par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire entre 2016 et 2025. Les cas présentaient une CIP confirmée et les témoins, exposés à l’immunothérapie sans CIP, étaient appariés sur l’histologie, le schéma d’immunothérapie, la ligne de traitement, l’âge, le sexe, le tabagisme, la radiothérapie thoracique antérieure et le stade tumoral. Les scanners thoraciques initiaux et au diagnostic de toxicité ont été relus par un radiologue thoracique expert. L’objectif principal était d’évaluer l’association entre ILAs préexistantes et CIP. Les objectifs exploratoires incluaient la caractérisation des ILAs, leur association avec le délai de survenue de la CIP et l’identification d’autres marqueurs cliniques et radiologiques de vulnérabilité pulmonaire, notamment la BPCO et les différentes composantes des ILAs.

Résultats

La cohorte comprenait 33 paires cas-témoins. Des ILAs préexistantes étaient identifiées chez 18/66 patients (27,3%), dont 12/33 cas (36,4%) et 6/33 témoins (18,2%). Elles étaient associées à une augmentation non significative du risque de CIP (OR 2,50 ; IC95% 0,78–7,97 ; p=0,121). Parmi les patients ayant développé une CIP, le délai de survenue était significativement plus court en présence d’ILA (145 vs 379 jours ; p=0,024). Les réticulations présentaient le signal exploratoire le plus marqué (OR 3,00 ; IC95% 0,81–11,08 ; p=0,099). Un chevauchement topographique entre ILA initiales et CIP était observé dans 75,0% des cas. La BPCO préexistante était significativement associée à la CIP (OR 9,00 ; IC95% 1,14–71,04 ; p=0,037).

Conclusion

Dans cette étude pilote cas-témoins appariée, la BPCO préexistante présentait l’association clinique exploratoire la plus forte avec la survenue d’une CIP. Les ILAs préexistantes étaient associées à une survenue plus précoce de la CIP et à une augmentation numérique mais non significative de son risque. Les réticulations constituaient le signal radiologique exploratoire le plus marqué. Ces résultats soutiennent le concept de vulnérabilité pulmonaire préexistante et l’intérêt d’une évaluation respiratoire et scanographique structurée avant l’initiation d’une immunothérapie.

Références

[1] Eur Respir J. 2017 ; 50 : 1700050

[2] Lancet Respir Med. 2020 ; 8 : 726-737.


Bouyer C. * ; Pluvy J. * ; Habert P. * ; Mogenet A. * ; Greillier L. * ; Tomasini P. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.