·
Introduction
La surpopulation carcérale et la précarité sanitaire dans les établissements pénitentiaires constituent un terrain fertile pour la transmission de la tuberculose. Cette étude vise à identifier les facteurs sociodémographiques et cliniques associés à la tuberculose pulmonaire confirmée chez les détenus de la Maison d'Arrêt de Ouesso en République du Congo.
Méthodes
Une étude observationnelle, menée du 05 au 07 juin 2026 à la Maison d'Arrêt de Ouesso en République du Congo auprès des détenus. Les données sociodémographiques et cliniques ont été recueillies et analysées (analyse uni variée et bi variée) avec une modélisation par régression logistique multivariée afin de déterminer les facteurs indépendants associés à la maladie tant sur le plan clinique qu’épidémiologique.
Résultats
En régression logistique multivariée (effectif=206, R² de McFadden=0,082, p=0,013), la toux persistante constituait le principal facteur prédictif statistiquement significatif de la tuberculose confirmée à la Maison d'Arrêt de Ouesso (β=1,4225, p=0,004). Un détenu présentant une toux persistante a 4,15 fois le risque de développer une tuberculose pulmonaire (Odds Ratio≈ 4,15 ; IC (95%) [1,58-10,88]). La constante du modèle s'avère également significative (β=-1,8237, p=0,037), traduisant une probabilité de base non nulle de la maladie pour le profil de référence. En revanche, le sexe et l'âge n'affichent pas d'effet indépendant statistiquement significatif dans cette configuration multivariée (p>0,05).
Conclusion
Ces résultats soulignent l'importance d'un dépistage systématique fondé sur la symptomatologie respiratoire dès l'entrée en détention et tout au long de l'incarcération. Ainsi, un renforcement des dispositifs de détection précoce de la tuberculose, apparaît essentiel pour limiter la transmission de la tuberculose au sein de cette population vulnérable.