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Introduction
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une pathologie fréquentedont la prévalence augmente avec l’âge. Chez le sujet âgé, les particularités cliniqueset la présentation parfois atypique du SAOS, ainsi que la fréquence des troubles dusommeil associés, soulèvent des questions spécifiques concernant l’évaluation de laqualité du sommeil. Cette étude avait pour objectif de comparer la qualité du sommeil,les symptômes d’insomnie et la somnolence diurne chez les patients âgés de 65 ans etplus et les sujets plus jeunes atteints de SAOS confirmé.
Méthodes
Il s’agit d’une étude transversale analytique incluant 88 patients suivis à laconsultation externe de pneumologie de l’hôpital régional de Moknine pourSAOS confirmé par polygraphie ventilatoire. Les patients ont été répartis endeux groupes selon l’âge : groupe âgé (≥65 ans, n=38) et groupe non âgé(< 65 ans, n=50). La qualité du sommeil a été évaluée par le PSQI, l’ISI etl’échelle d’Epworth. Des analyses statistiques comparatives ont été réaliséesavec un seuil de significativité de p < 0,05.
Résultats
Les deux groupes étaient comparables concernant la sévérité du SAOS, avec un IAHmoyen de 37,4±20,2 événements/h chez les sujets âgés vs 31,7±19,6événements/h chez les sujets non âgés (p=0,114). En revanche, la qualité subjectivedu sommeil était significativement plus altérée chez les sujets âgés, avec un scorePSQI de 13,74±4,46 vs 10,34±3,84 (p=0,001). La sévérité de l’insomnie étaitégalement supérieure chez les sujets âgés (ISI : 16,68±4,67 vs 12,09±4,46 ;p< 0,001). À l’inverse, la somnolence diurne était significativement moins importantechez les sujets âgés (ESS : 10,56±3,17 vs 17,09±2,49 ; p< 0,001). L’analyse descomposantes du PSQI retrouvait notamment une diminution de la durée du sommeil(2,21±0,99 vs 1,12±0,98 ; p< 0,001) et une augmentation de la latenced’endormissement (1,61±0,72 vs 1,00±0,78 ; p=0,008). Les perturbations nocturnesétaient également plus importantes (2,63±0,63 vs 2,22±0,74 ; p=0,005), de mêmeque le recours aux hypnotiques (1,21±0,91 vs 0,36±0,60 ; p< 0,001). En revanche,le dysfonctionnement diurne était moindre chez les sujets âgés (1,68±0,96 vs 2,22 ±0,58 ; p=0,005).
Conclusion
Cette étude met en évidence des particularités significatives dans la présentation duSAOS chez le sujet âgé, caractérisées par une altération plus marquée de la qualité dusommeil et de l’insomnie, contrastant avec une somnolence diurne moindre. Cesrésultats soulignent l’intérêt d’une évaluation multidimensionnelle du sommeil,adaptée aux spécificités gériatriques et ne reposant pas uniquement sur la recherche desomnolence diurne.