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COMISA : un phénotype clinique distinct

Kallel N.*1 ; Ben Lakhal O.1 ; Ben Salah I.1 ; Kallel NE.1 ; Moussa N.1 ; Msaad S.1 ; Gargouri R.1 ; Kammoun S.1
1Service de Pneumologie, CHU Hedi Chaker , Sfax

Auteur correspondant : Kallel N. 

Introduction

L'association insomnie-SAHOS, ou COMISA (Comorbid Insomnia and Sleep Apnea), est de plus en plus reconnue comme une entité clinique distincte, associée à une sévérité accrue et à des difficultés d'observance thérapeutique. Nous avons comparé le profil des patients COMISA à celui des patients SAHOS sans insomnie associée.

Méthodes

Parmi 2070 patients porteurs d'un SAHOS confirmé, comparaison rétrospective entre les patients avec insomnie associée (COMISA, n=135) et les patients SAHOS sans insomnie (n=1935), explorés à l'Unité du sommeil du CHU Hédi Chaker de Sfax.

Résultats

La prévalence du COMISA était de 6,5% parmi les SAHOS de la cohorte. Les patients COMISA étaient plus souvent des femmes (68,9% vs 60,5% dans le groupe SAHOS seul ; p=0,066). L'IAH médian était significativement plus élevé en cas de COMISA [31,9 (IQR 18,9–49,9)/h] que dans le SAHOS isolé [25,4 (IQR 13,1–44,3)/h ; p=0,009], avec une forme sévère chez 56,0% des COMISA contre 46,3% des SAHOS seuls (OR=1,48 ; IC95% [1,01–2,16] ; p=0,05). Le caractère positionnel était moins fréquent dans le COMISA (33,3% vs 41,6%). Le profil cardiométabolique était significativement plus chargé dans le groupe COMISA : HTA (71,1% vs 59,7% ; p=0,012) et dyslipidémie (41,5% vs 27,3% ; p < 0,001), avec une tendance pour le diabète (41,5% vs 33,7% ; p=0,08). Le recours à la PPC était paradoxalement plus fréquent chez les patients COMISA (67,4% vs 50,9% ; p < 0,001), possiblement lié à un dépistage plus systématique en présence de plaintes de sommeil associées.

Conclusion

Le COMISA est associé à un SAHOS plus sévère et moins positionnel. La charge cardiométabolique est également plus importante. Pourtant, la littérature rapporte une observance de la PPC souvent moins bonne dans ce phénotype. Ces éléments soulignent la nécessité d’une prise en charge attentive de ce phénotype.


Kallel N. * ; Ben Lakhal O. * ; Ben Salah I. * ; Kallel NE. * ; Moussa N. * ; Msaad S. * ; Gargouri R. * ; Kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.