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Introduction
La sous-échelle des troubles respiratoires liés au sommeil du Pediatric Sleep Questionnaire (PSQ-SRBD) est un outil de dépistage validé. Cependant, les enfants ayant un dépistage positif constituent un groupe hétérogène. La caractérisation de phénotypes basés sur les symptômes pourrait permettre de décrire cette population mieux qu’un score de risque unique.
Notre objectid est d'identifier des phénotypes symptomatiques distincts chez les enfants ayant un dépistage positif pour un trouble respiratoire lié au sommeil (SRBD), à l’aide d’une analyse en clusters.
Méthodes
Cette étude transversale a inclus 3 426 enfants tunisiens âgés de 5 à 13 ans, recrutés dans les 24 gouvernorats du pays. Le questionnaire PSQ-SRBD a été administré selon un format de réponse « oui/non/ne sait pas ». Parmi eux, 994 enfants (29,0%) avaient un dépistage positif (score>0,33). Une analyse en clusters par la méthode K-modes, adaptée aux données catégorielles, a été réalisée chez ces enfants à partir de 20 items symptomatiques couvrant cinq domaines : ronflement, troubles respiratoires/apnées, conséquences diurnes, énurésie et troubles de l’attention/hyperactivité. Les réponses « ne sait pas » ont été conservées comme une catégorie distincte plutôt que d’être imputées. Le nombre de clusters a été déterminé selon la méthode du coude appliquée à la fonction de coût de l’algorithme K-modes, puis confirmé par la stabilité des résultats lors de trois initialisations aléatoires.
Résultats
Trois phénotypes distincts ont été identifiés. Le cluster comportemental/inattention (n=583 ; 58,7%) était caractérisé par une faible fréquence des symptômes respiratoires (11–33%), mais une fréquence élevée des symptômes d’inattention/hyperactivité (58–87%). Le cluster ronflement/respiratoire (n=222 ; 22,3%) présentait un profil inverse, avec une fréquence élevée des symptômes de ronflement et de troubles respiratoires (61–75%) et une fréquence moindre des manifestations comportementales (20–58%). Le cluster multisymptomatique/sévère (n=189 ; 19,0%) était caractérisé par une fréquence élevée des symptômes dans l’ensemble des domaines étudiés, notamment l’énurésie (58% contre 24–32%) et les céphalées matinales (48% contre 20–21%). Les 20 items symptomatiques différaient significativement entre les trois clusters (test du χ² ; 18/20 items : p < 0,001 ; les 2 items restants : p < 0,01). Le cluster multisymptomatique/sévère présentait le score PSQ-SRBD moyen le plus élevé (0,70 contre 0,46–0,48 ; test de Kruskal-Wallis, p < 0,001), le Z-score poids-pour-l’âge le plus élevé (1,11 contre 0,53–0,92 ; p < 0,001) ainsi que la plus forte proportion de garçons (69% contre 57–59% ; χ², p=0,009). L’âge différait également significativement entre les clusters (p < 0,001), le groupe ronflement/respiratoire étant en moyenne le plus jeune (7,9 ans contre 8,1–8,7 ans).
Conclusion
Les enfants ayant un dépistage positif au PSQ-SRBD ne constituent pas un groupe homogène. Trois phénotypes statistiquement distincts et cliniquement interprétables ont été identifiés. Cette classification pourrait contribuer à mettre en place des stratégies d’évaluation et d’orientation différenciées, au-delà d’une simple classification binaire du risque.