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Impact du mécanisme de résistance aux inhibiteurs de point de contrôle immunitaires (ICIs) sur l'efficacité du traitement de deuxième ligne dans le cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé

Erfani A.*1 ; Duchemann B.2 ; Wislez M.3 ; Goldwasser F.4 ; Giroux-Leprieur E.1 ; Costantini A.1
1Service de Pneumologie et oncologie Thoracique, Institut du Cancer APHP. Université Paris-Saclay UVSQ - Hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt, France ; 2Service d'Oncologie médicale, Université Sorbonne Paris Nord - Assistance Publique Hôpitaux de Paris - Hôpital Avicenne, Bobigny, France ; 3Service d'Oncologie Thoracique, Université Paris-Cité - Assistance Publique Hôpitaux de Paris - Hôpital Cochin, Paris, France ; 4Service d'Oncologie médicale, Université Paris-Cité - Assistance Publique Hôpitaux de Paris - Hôpital Cochin - Port Royal, Paris France

Auteur correspondant : Erfani A. 

Introduction

Les inhibiteurs de point de contrôle immunitaires (ICIs) seuls ou associés à la chimiothérapie (CT) constituent le traitement standard (SOC) du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) de stade avancé sans addiction oncogénique. Les données concernant l'efficacité des traitements après progression selon le mécanisme de résistance à l'immunothérapie (primaire ou acquis) restent limitées. [1, 2] Nous avons évalué l’efficacité du traitement de deuxième ligne (L2) selon le mécanisme de résistance aux ICIs.

Méthodes

Étude de cohorte multicentrique, rétrospective, incluant l’ensemble des patients consécutifs atteints d'un CBNPC avancé traités de 01/2018 à 12/2024 et ayant progressé sous CT-ICI de première ligne. La résistance primaire était définie par une progression survenant dans les 6 mois suivant l’initiation du traitement selon la définition de la Society for Immunotherapy of Cancer. La PFS du traitement reçu en L2 (PFS2) en fonction du mécanisme de résistance aux ICIs était le critère de jugement principal. Les critères secondaires étaient la survie globale (OS), le taux de réponse objective (ORR) et l’OS2 (définie comme la survie globale à partir de l'initiation de L2).

Résultats

Parmi 362 patients traités par CT-ICI, 124 (34%) ont reçu une L2 et ont été analysés. 123 patients (34%) sont décédés en cours de L1, 105 (29%) étaient en cours de L1 à la date de censure et 10 (3%) n’ont pas reçu le SOC en L1. Les patients étaient majoritairement des hommes (67%), fumeurs (94%), âgés de 61 ans (médiane), en bon état général (84% PS 0-1) avec un adénocarcinome bronchique (80%). Au diagnostic, il existait des métastases cérébrales dans 24% et hépatiques dans 10% des cas. L’expression de PD-L1 était≥50% dans 16%. Les caractéristiques initiales étaient comparables entre les deux groupes, résistance primaire (Gp1) ou acquise (Gp2). Le taux de résistance primaire aux ICIs était de 55%. Les traitements majoritairement reçus en L2 étaient les taxanes (29%), protocoles à base de Bévacizumab (27%) et Gemcitabine (11%). La PFS2 médiane était de 3,4 mois (IC 95% [2,5-4,5]) dans la population globale (Pglob), de 2,6 mois [1,8-4,3] dans le groupe résistance primaire vs 4,2 mois [2,7-5,8], dans le groupe résistance acquise (HR 0,76 [0,53-1,11], p=0,16). L’OS médiane était de 19,3 mois [16,1-24,5] dans la Pglob, de 14,2 mois [11,1–17,7] dans le groupe résistance primaire vs 28,1 mois [24,9-40,2], dans le groupe résistance acquise (HR 0,39 [0,25-0,60], p< 0,0001). L’OS2 médiane était de 10,3 mois [7,5-12,8] dans la Pglob, de 7,5 mois [4,6–11,9] dans le groupe résistance primaire vs 13,9 mois [8,6-20,4], dans le groupe résistance acquise (HR 0,61 [0,4-0,93], p=0,021). L'ORR en L2 était de 32% [23,3-40,9], 30% [19,3-42,3] et 34% [21,2-48,8] respectivement dans la Pglob, Gp1 et Gp2. En analyse multivariée, la résistance acquise était indépendamment associée à une PFS2 (HR 0,55 ; IC95% 0,35–0,88 ; p=0,012), une OS (HR 0,28 ; IC95% 0,16–0,46 ; p< 0,001) et une OS2 (HR 0,50 ; IC95% 0,31–0,81 ; p=0,005) plus longues. Les protocoles à base de Bévacizumab en L2 étaient également associés à une PFS2 (HR 0,31 ; p< 0,001), une OS (HR 0,53 ; p=0,049) et une OS2 (HR 0,50 ; p=0,029) plus longues.

Conclusion

Chez les patients atteints de CBNPC avancé traités par CT-ICIs, la résistance primaire aux ICIs constitue un marqueur pronostique défavorable. Il est nécessaire d’identifier ces patients de manière précoce et de développer des stratégies thérapeutiques alternatives.

Références

[1] ERJ Open Res. 2018 Apr 20 ; 4(2):00120-2017

[2] ESMO Open, 2025 ; 10 ; 105897


Erfani A. * ; Duchemann B. * ; Wislez M. * ; Goldwasser F. * ; Giroux-Leprieur E. * ; Costantini A. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.