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Altération du sommeil en unité de bronchoscopie

Boutbagha N.*1 ; Essaid Y.1 ; Halloumi O.1
1Service de Pneumologie, CHU Mohammed VI d’Agadir, Agadir, Maroc

Auteur correspondant : Boutbagha N. 

Introduction

Le personnel de santé impliqué dans les bronchoscopies sous sédation ou anesthésie générale est exposé aux agents anesthésiques inhalés et aux sédatifs utilisés au cours du geste, ce qui pourrait altérer la qualité du sommeil. L’objectif de cette étude est de déterminer la prévalence des troubles du sommeil chez ce personnel et d’identifier les facteurs professionnels associés.

Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective à visée descriptive menée entre Décembre 2025 et Février 2026 au sein de bloc d’endoscopie bronchique au CHU Mohammed VI d’Agadir.

Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire auto-administré, comprenant les scores d’Epworth et l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI).

L’analyse statistique a été effectuée à l’aide du logiciel IBM SPSS Statistics version 26.

Résultats

Dix-neuf professionnels de santé ont été inclus, dont 15,8% aides-soignantes, 21,1% infirmières anesthésistes, 42,1% résidents en réanimation et 21,1% résidents en pneumologie. 57,9% des participants étaient de sexe féminin. L’âge moyen était de 27,5±3,4 ans (extrêmes 21–34 ans) et l’ancienneté moyenne dans l’activité de bronchoscopie était de 29,5±19,2 mois. Soixante-treize pour cent des participants réalisaient au moins trois procédures par semaine. Les aides-soignantes et les résidents assuraient des gardes régulières, tandis que les infirmières anesthésistes n’effectuaient pas de gardes.

La durée moyenne de sommeil était de 5,9±1,1 heures par nuit. Une insomnie occasionnelle était rapportée par 52,6% des participants, des réveils nocturnes fréquents par 36,8% et des céphalées matinales par 26,3%. Une somnolence diurne excessive, évaluée par le score d’Epworth (>10), était retrouvée chez 47,4% des sujets, dont 10,5% présentaient une somnolence sévère. Une mauvaise qualité du sommeil, évaluée par le PSQI (>5), était objectivée chez 57,9% des participants.

Parmi eux, 68% ont rapporté que l’apparition ou l’aggravation des symptômes surviennent après leur participation aux bronchoscopies sous sédation ou anesthésie générale, suggérant un lien possible entre l’exposition professionnelle aux agents anesthésiques et aux sédatifs et l’altération de la qualité du sommeil.

Conclusion

Notre étude met en évidence que les troubles du sommeil sont fréquents chez le personnel de santé intervenant lors de bronchoscopies sous sédation ou anesthésie générale, validant ainsi la problématique initiale et soulignant l’importance de mesures de prévention et d’un suivi régulier de la qualité du sommeil pour le personnel exposé.


Boutbagha N. * ; Essaid Y. * ; Halloumi O. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.