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Introduction
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une affection multifactorielle potentiellement influencée par des facteurs familiaux. L’obésité et les troubles du sommeil ont une forte composante familiale, mais leur association avec les caractéristiques cliniques et polygraphiques du SAOS reste peu documentée. L’objectif était de comparer ces caractéristiques selon la présence d’antécédents familiaux d’obésité et/ou de troubles du sommeil.
Méthodes
Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective portant sur 250 patients hospitalisés au service de pneumologie de l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis entre 2024 et 2026 pour suspicion de SAOS. Les patients présentant un SAOS ont été répartis en deux groupes : G1, sans antécédent familial d’obésité ni de troubles du sommeil, et G2, avec au moins un antécédent familial d’obésité et/ou de troubles du sommeil. Les caractéristiques cliniques, anthropométriques et les données de la polygraphie ventilatoire ont été comparées entre les deux groupes. La sévérité du SAOS, l’index d’apnées-hypopnées (IAH) et l’index de désaturation en oxygène (IDO) ont notamment été étudiés. Une analyse multivariée a recherché les facteurs associés à la présence d’un SAOS sévère.
Résultats
Parmi les 250 patients explorés pour suspicion de SAOS, 217 présentaient un SAOS et ont été inclus dans l’analyse. L’âge moyen était de 57,1±13,4 ans, l’IMC de 36,9±6,7 kg/m² et l’IAH de 26,7±19,5/h. Cent six patients (48,8%) avaient des antécédents familiaux (G2). L’IMC était plus élevé dans le G2 (39,1±6,9 vs 34,9±5,8 kg/m² ; p < 0,001), ainsi que la fréquence de l’obésité (88,7% vs 71,2% ; p=0,002). Le score d’Epworth (9,2±4,6 vs 7,8±5,2 ; p=0,011) et l’EVA des troubles du sommeil (4,6±2,6 vs 3,9±2,6 ; p=0,044) étaient également plus élevés dans le G2. En revanche, l’IAH (27,2±19,6 vs 26,2±19,4/h ; p=0,733), l’IDO (27,1±20,0 vs 25,0±20,0 ; p=0,274) et la proportion de SAOS sévère (43,4% vs 38,7% ; p=0,573) étaient comparables. En multivarié, les antécédents familiaux n’étaient pas associés au SAOS sévère (OR=0,73 ; p=0,336)
Conclusion
Chez les patients atteints de SAOS, les antécédents familiaux d’obésité et/ou de troubles du sommeil sont associés à un IMC plus élevé et à un retentissement subjectif du sommeil plus important, sans lien avec la sévérité polygraphique. La composante familiale s’exprimerait davantage par le phénotype anthropométrique et clinique que par la sévérité des événements respiratoires nocturnes.