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Au-delà de l’IAH : le STOP-BANG est-il associé à la sévérité de la désaturation nocturne du SAOS ?

Ben Jemia E.1 ; Gharsallaoui S.*1 ; Ouertani H.1 ; Rejeb S.1 ; Bouthour A.1 ; Zaibi H.1 ; Ben Amar J.1
1Service de Pneumologie. Hôpital Charles Nicolle. Faculté de Médecine de Tunis. Université Tunis El Manar

Auteur correspondant : Gharsallaoui S. 

Introduction

Le score STOP-BANG est largement utilisé pour identifier les patients à risque de syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). Sa relation avec la sévérité des événements respiratoires est bien connue, mais son association avec l’importance de la désaturation nocturne reste moins bien étudiée L’objectif de ce travail était d’évaluer l’association entre le score STOP-BANG, la sévérité polygraphique du SAOS et l’index de désaturation en oxygène (IDO).

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analytique portant sur 250 patients hospitalisés au service de pneumologie de l’Hopital Charles Nicolle de Tunis entre 2024 et 2026 explorés par polygraphie ventilatoire pour suspicion de SAOS. Les patients ont été répartis en deux groupes : G1, STOP-BANG < 3, et G2, STOP-BANG≥3. Les caractéristiques cliniques, anthropométriques et les paramètres polygraphiques ont été comparés entre les deux groupes. Les corrélations entre le score STOP-BANG, l’IAH, l’IDO et les paramètres d’oxygénation ont été étudiées. Une analyse multivariée a recherché les facteurs associés à l’IDO.

Résultats

L’âge médian était de 59 ans, avec une nette prédominance féminine (204 femmes, 81,6%). Le score STOP-BANG médian était de 4. Trente-six patients (14,4%) appartenaient au G1 et 214 (85,6%) au G2. Les patients du G2 étaient significativement plus âgés (médiane : 60 vs 42,5 ans ; p< 0,001) et avaient un IMC plus élevé (36,8 vs 31 kg/m² ; p< 0,001). L’IAH était significativement supérieur dans le G2 (médiane : 19,95 vs 9,95 événements/h ; p=0,002), de même que l’IDO (19,5 vs 9,3 événements/h ; p< 0,001). Le STOP-BANG était positivement corrélé à l’IAH (r=0,283 ; p< 0,001) et à l’IDO (r=0,323 ; p< 0,001), et inversement corrélé à la PaO₂ (r=-0,223 ; p< 0,001) et à la SaO₂ (r=-0,182 ; p=0,004). En analyse multivariée, le score STOP-BANG restait indépendamment associé à l’IDO après ajustement sur l’âge, l’IMC, le sexe et l’HTA (β=3,05 ; IC95% : 0,61–5,49 ; p=0,014).

Conclusion

Dans cette cohorte, un score STOP-BANG≥3 était associé à une plus grande sévérité du SAOS et à un IDO significativement plus élevé. La corrélation entre STOP-BANG et IDO persistait après prise en compte des principaux facteurs cliniques et anthropométriques. Le STOP-BANG pourrait ainsi constituer, au-delà de son rôle de dépistage, un indicateur clinique simple d’un profil de SAOS associé à une désaturation nocturne plus importante.


Ben Jemia E. * ; Gharsallaoui S. * ; Ouertani H. * ; Rejeb S. * ; Bouthour A. * ; Zaibi H. * ; Ben Amar J. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.