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Introduction
Les troubles respiratoires du sommeil sont fréquents après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT), avec une proportion accrue d’événements centraux. En pratique, le mécanisme des hypopnées est souvent non différencié, pouvant conduire à sous-estimer la composante centrale. L’objectif était d’évaluer l’impact diagnostique et thérapeutique de la différenciation des hypopnées centrales et obstructives dans cette population.
Méthodes
Étude rétrospective monocentrique incluant les patients adultes ayant présenté un AVC ou un AIT et bénéficié d’une polysomnographie au CHRU de Nancy entre décembre 2018 et décembre 2021. Les hypopnées identifiées lors de la cotation initiale ont été relues de façon ciblée et classées de manière systématique comme centrales ou obstructives selon les critères AASM complétés par le consensus français SFRMS 2024. Les critères principaux étaient la proportion de reclassifications diagnostiques et la proportion de modifications de la stratégie thérapeutique après relecture. Des analyses en sous-groupes ont été réalisées selon l’IAH, l’âge, la localisation lésionnelle et le délai AVC–polysomnographie.
Résultats
Sur les 222 patients éligibles 214 ont été analysés. La différenciation du mécanisme des hypopnées a modifié le diagnostic chez 18,7% des patients et la stratégie thérapeutique chez 17,8%. La proportion de SAS combinés est passée de 4,7% à 15,4% (p < 0,001) et celle des SAHCS de 2,8% à 8,4% (p=0,001), principalement au détriment des SAHOS. La PPC fixe avec suivi renforcé est passée de 4,7% à 15,4% (p < 0,001) et la ventilation auto-asservie de 1,9% à 5,6% (p=0,013) au profit de la PPC simple. Après ajustement, l’IAH était le seul facteur indépendamment associé à la reclassification diagnostique, avec un effet marqué à partir de 15 événements/h sans majoration au-delà.
Conclusion
La caractérisation systématique du mécanisme des hypopnées modifie le diagnostic et la stratégie thérapeutique chez près d’un patient sur cinq après AVC/AIT, principalement par identification de formes combinées et centrales jusque-là méconnues. L’IAH≥15/h identifie une population à plus fort risque de reclassification diagnostique, mais ce seuil n’étant connu qu’après une première cotation, il reste peu applicable en pratique.