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La polysomnographie devrait-elle être l’outil diagnostique de première intention du SAOS ? – Analyse d’une population de patients adressés au Laboratoire du sommeil

Nasilowski J.1 ; Cieplinska A.1 ; Garbino K.1 ; Barratt J.*1 ; Przybylowska K.1 ; Kwiatkowska K.1 ; Jaczewski G.1 ; Klimiuk J.1
1II Oddział Chorób Płuc, Mazowieckie Centrum Leczenia Chorób Płuc i Gruźlicy, Otwock, Pologne.

Auteur correspondant : Barratt J 

Introduction

En Pologne, le diagnostic des troubles respiratoires du sommeil (TRS) repose sur la polysomnographie (PSG), qui constitue actuellement le seul examen bénéficiant d’un remboursement. Dans la plupart des pays, en revanche, la polygraphie respiratoire (PR), utilisée comme examen de dépistage, est reconnue comme une méthode diagnostique de première intention. L’objectif de cette étude était d’analyser la population de patients adressés au Laboratoire du sommeil (LS) du IIe Service de pneumologie du Centre mazovien de traitement des maladies pulmonaires et de la tuberculose, en évaluant la fréquence des TRS ainsi que leur degré de sévérité.

Méthodes

Tous les patients adressés au LS depuis sa création en octobre 2024 jusqu’en janvier 2026 ont été inclus dans l’analyse. Les patients étaient adressés par des médecins généralistes ou des pneumologues. Les résultats des examens PSG ont été analysés, notamment l’index d’apnées-hypopnées (IAH), la saturation moyenne en oxygène (SpO₂) et le temps passé avec une SpO₂ < 90% (T90). Les corrélations entre ces paramètres, l’âge et le sexe des patients ont également été étudiées.

Résultats

Au total, 835 patients ont été inclus dans l’étude, dont 66% d’hommes, avec un âge moyen de 56±13 ans. Deux examens n’ont pas permis de poser un diagnostic en raison d’une durée de sommeil insuffisante. L’IAH moyen était de 41±29 événements/h, la SpO₂ moyenne de 91,5±4,2% et le T90 moyen de 17,8±23,2%. Aucun TRS n’a été retrouvé chez 45 patients (5,5% ; IAH < 5 événements/h). Une forme légère de TRS a été diagnostiquée chez 145 patients (17,5%), une forme modérée chez 170 (20,5%) et une forme sévère chez 470 (56,5%), dont 168 (20%) présentaient un IAH>70 événements/h. Le principal trouble respiratoire identifié était le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). Chez 179 patients (21,5%), la SpO₂ moyenne était≤90% lors de la PSG, tandis que 343 patients (41%) présentaient un T90≥10%. Au total, 607 patients (73%) ont été orientés vers un traitement par pression positive continue (PPC/CPAP). Trois patients ont été hospitalisés immédiatement après la réalisation de la PSG en raison d’une insuffisance respiratoire jusque-là non diagnostiquée. Une diminution de la SpO₂ moyenne ainsi qu’une augmentation du T90 étaient positivement corrélées à l’âge des patients. Les hommes présentaient un IAH significativement plus élevé que les femmes (45,3 vs 32,7 événements/h ; p < 0,0001) ainsi qu’un T90 plus élevé (18,4 vs 15,8% ; p < 0,05).

Conclusion

La majorité des patients actuellement adressés au LS pour le diagnostic de TRS présentent un SAOS sévère ou très sévère. La réalisation systématique d’une PSG chez tous les patients semble donc inutile, car, dans la grande majorité des cas, un diagnostic fiable pourrait être établi à l’aide d’un examen de dépistage, tel que la polygraphie respiratoire.


Nasilowski J. * ; Cieplinska A. * ; Garbino K. * ; Barratt J. * ; Przybylowska K. * ; Kwiatkowska K. * ; Jaczewski G. * ; Klimiuk J. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.