·

SAHOS chez le conducteur professionnel : un phénotype plus sévère à ne pas méconnaître

Kallel N.*1 ; Barkallah M.1 ; Gargouri R.1 ; Khemakhem R.1 ; Bahloul N.1 ; Msaad S.1 ; Kallel NE.1 ; Kammoun S.1
1Service de Pneumologie, CHU Hedi Chaker , Sfax

Auteur correspondant : Kallel N. 

Introduction

La somnolence liée au SAHOS constitue un facteur de risque reconnu d'accident de la route. Nous avons comparé la sévérité du SAHOS entre conducteurs professionnels et non professionnels afin d'objectiver ce risque dans notre population.

Méthodes

Étude rétrospective comparative entre 104 conducteurs professionnels et 2855 non-conducteurs explorés à l'Unité du sommeil du CHU Hédi Chaker de Sfax. Comparaison de l'IAH, de la distribution de sévérité, du caractère positionnel, des comorbidités et du recours thérapeutique.

Résultats

La population des conducteurs professionnels était quasi exclusivement masculine (98,1%). L'IAH médian était significativement plus élevé chez le conducteur professionnel [30,1 (IQR 14,2–49,6)/h] que chez le non-conducteur [20,1 (IQR 8,7–40,2)/h ; p=0,006]. Une forme sévère (IAH>30/h) était retrouvée chez 51,3% des conducteurs contre 39,6% des non-conducteurs (OR=1,53 ; IC95% [0,97–2,40] ; p=0,08, non significatif après ajustement du faible effectif). Le SAHOS positionnel était également plus fréquent chez le conducteur professionnel (53,2% vs 42,1%). Aucune différence significative n'était notée pour les comorbidités cardiométaboliques (HTA 52,9% vs 53,3% ; dyslipidémie 28,8% vs 23,6%). Le recours à la PPC était significativement plus fréquent chez le conducteur professionnel (57,7% vs 36,8% ; p < 0,001), traduisant probablement une prise en charge orientée par la médecine du travail.

Conclusion

Les conducteurs professionnels présentent un SAHOS plus sévère et plus souvent positionnel, sans surcharge cardiométabolique associée. Ce constat souligne l'importance d'un dépistage ciblé du SAHOS en médecine du travail, dans un objectif de prévention des accidents liés à la somnolence au volant.


Kallel N. * ; Barkallah M. * ; Gargouri R. * ; Khemakhem R. * ; Bahloul N. * ; Msaad S. * ; Kallel NE. * ; Kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.