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Quand le SAOS ne se résume pas à l'IAH : impact de la désaturation nocturne sur les troubles cognitifs

Guedri I.*1 ; Ghribi W.1 ; Zaara E.1 ; Ben Saad A.1 ; Ben Mechlia M.1 ; Cheikh Muhammed S.1 ; Joobeur S.1
1Service de Pneumo-Allergologie,CHU Fattouma Bourguiba,Monastir,Tunisie

Auteur correspondant : Guedri I 

Introduction

Les troubles cognitifs sont fréquents au cours du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). Leur relation avec l’IAH reste cependant inconstante, suggérant un rôle potentiel de l’hypoxémie nocturne. Nous avons étudié l’association entre la charge hypoxique et les plaintes cognitives chez des patients atteints de SAOS.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective incluant 265 patients explorés pour SAOS. Les paramètres respiratoires nocturnes, l’IAH et les paramètres de désaturation ont été recueillis. Les plaintes cognitives étudiées concernaient la mémoire, l’attention et les fonctions exécutives. Les facteurs associés aux troubles cognitifs ont été recherchés en analyses univariée et multivariée.

Résultats

Des plaintes mnésiques étaient rapportées chez 56 patients (21,1%), attentionnelles chez 48 (18,1%) et exécutives chez 32 (12,1%). Les patients présentant au moins une plainte cognitive avaient une SpO2minimale significativement plus basse que ceux sans plainte cognitive (77,8±9,1% vs 81,9±8,2% ; p=0,001) et un index de désaturation plus élevé (32,4±15,1 vs 26,1±13,2/h ; p=0,003). Le temps passé avec une SpO2 < 90% était également supérieur chez les patients symptomatiques (18,6±21,4% vs 11,2±16,7% ; p=0,002). En revanche, la différence d’IAH entre les deux groupes était moins marquée (38,7±21,5 vs 34,2±20,1/h ; p=0,087). Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’IMC et l’IAH, une SpO2minimale < 80% restait significativement associée à la présence de plaintes cognitives (OR 2,31 ; IC95% 1,42–3,76 ; p=0,001).

Conclusion

Les plaintes cognitives semblent davantage associées à la charge hypoxique nocturne qu’à la seule fréquence des événements respiratoires. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une évaluation multidimensionnelle du SAOS dépassant le seul IAH.


Guedri I. * ; Ghribi W. * ; Zaara E. * ; Ben Saad A. * ; Ben Mechlia M. * ; Cheikh Muhammed S. * ; Joobeur S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.