·

Valeur pronostique de la désaturation à l’effort chez les patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse

Keddabi S.*1 ; Yassine H.1 ; Rachid C.1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, MARRAKECH, Maroc

Auteur correspondant : Keddabi S. 

Introduction

Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) regroupent un ensemble hétérogène de maladies pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique. La désaturation à l’effort constitue un marqueur de l’atteinte fonctionnelle et pourrait avoir une valeur pronostique. Le but du travail est d’évaluer la valeur pronostique de la désaturation à l’effort chez les patients atteints de PID suivis au service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive et analytique portant sur les patients suivis pour PID au service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech entre aout 2025 et août 2026. Les données cliniques, fonctionnelles et radiologiques ont été recueillies. Tous les patients ayant réalisé un test de marche de 6 minutes ont été inclus. Une désaturation significative était définie par une diminution de la SpO₂≥4% au cours de l’effort ou une SpO₂ minimale≤88%. Les paramètres étudiés comprenaient la distance parcourue, la SpO₂ au repos et au nadir de l’effort, la CVF, la dyspnée selon l’échelle mMRC, le recours à l’oxygénothérapie et les hospitalisations au cours du suivi.

Résultats

Nous avons inclus 64 patients, dont 37 hommes et 27 femmes, avec un sex-ratio de 1,37. L’âge moyen était de 59,8 ans. Les principales étiologies étaient les pneumopathies d’hypersensibilité dans 23 cas (35,9%), les PID associées aux connectivites dans 16 cas (25%), la sarcoïdose dans 12 cas (18,8%) et les PID fibrosantes idiopathiques dans 8 cas (12,5%). Une désaturation significative à l’effort était retrouvée chez 38 patients (59,4%). La SpO₂ moyenne au repos était de 94,7%, contre 84,6% au nadir de l’effort chez les patients désaturants. La distance moyenne parcourue au test de marche de 6 minutes était de 386 mètres, soit 69% de la valeur théorique. Les patients présentant une désaturation avaient une distance de marche plus faible (328 m vs 471 m ; p< 0,001) et une CVF plus altérée (62% vs 74% ; p=0,01) que les patients sans désaturation. Une oxygénothérapie de longue durée était indiquée chez 15 patients (23,4%), dont 13 (86,7%) appartenaient au groupe désaturant. Au cours du suivi, 19 patients (29,7%) ont été hospitalisés pour aggravation respiratoire. La fréquence des hospitalisations était significativement plus élevée chez les patients présentant une désaturation à l’effort (39,5% vs 15,4% ; p=0,03). La survie sans hospitalisation à 12 mois était également plus faible chez les patients désaturants. La désaturation à l’effort était associée à un risque accru d’hospitalisation au cours du suivi.

Conclusion

La désaturation à l’effort est fréquente chez les patients atteints de PID et est associée à une altération plus importante de la fonction respiratoire, à une diminution de la capacité d’exercice et à un risque accru d’hospitalisation. Le test de marche de 6 minutes constitue ainsi un outil simple et accessible permettant d’apporter une information pronostique complémentaire dans le suivi des patients atteints de PID.


Keddabi S. * ; Yassine H. * ; Rachid C. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.