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Introduction
Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) fibrosantes sont des maladies respiratoires chroniques responsables d’une altération progressive de la fonction pulmonaire et de la qualité de vie. La dyspnée, la limitation fonctionnelle et l’incertitude liée à l’évolution de la maladie peuvent favoriser l’apparition de troubles anxieux et dépressifs. Le but du travail est d’évaluer la prévalence des troubles anxio-dépressifs chez les patients atteints de PID fibrosantes et leur retentissement clinique.
Méthodes
Il s’agit d’une étude transversale menée au sein du service de pneumologie de l’Hôpital Arrazi du CHU Mohammed VI de Marrakech. Elle a porté sur les patients suivis pour une PID fibrosante entre Mai 2024 et juin 2025.
Résultats
Notre étude a porté sur 52 patients atteints de PID fibrosantes, avec un âge moyen de 61±12 ans. Une prédominance masculine était observée (56%). La dyspnée constituait le principal symptôme rapporté et était responsable d’une limitation importante des activités quotidiennes chez une proportion importante des patients. Des symptômes anxieux étaient retrouvés chez 25% des patients, tandis que des symptômes dépressifs étaient observés chez 21%. Une association de symptômes anxieux et dépressifs était retrouvée chez environ 15% des patients. Les troubles anxio-dépressifs étaient plus fréquemment observés chez les patients présentant une dyspnée importante et une limitation fonctionnelle plus marquée. Les patients présentant ces troubles rapportaient également une altération plus importante de la qualité de vie, avec une diminution des activités quotidiennes et un retentissement psychosocial plus important. La présence de symptômes anxieux ou dépressifs semblait également plus fréquente chez les patients présentant une maladie évoluée et une atteinte fonctionnelle respiratoire plus importante. Ces troubles étaient associés à une perception plus importante de la dyspnée, indépendamment de la sévérité de l’atteinte respiratoire. Par ailleurs, les patients présentant une maladie évolutive ou nécessitant une oxygénothérapie semblaient davantage exposés aux troubles anxio-dépressifs. La présence de ces troubles pouvait également majorer la perception de la dyspnée et contribuer à une diminution de l’activité physique. Ces résultats mettent en évidence l’importance du retentissement psychologique des PID fibrosantes et soulignent la nécessité d’un dépistage régulier des troubles anxieux et dépressifs au cours du suivi.
Conclusion
Les troubles anxio-dépressifs sont fréquents chez les patients atteints de PID fibrosantes et peuvent contribuer à majorer le retentissement de la maladie. Leur dépistage systématique devrait faire partie de l’évaluation globale de ces patients. Une prise en charge multidisciplinaire pourrait contribuer à une meilleure prise en charge de ces patients.