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Introduction
Bien que l’obésité soit associée à une morbi-mortalité cardiovasculaire accrue, un effet paradoxalement protecteur d’un indice de masse corporelle élevé sur la survie a été décrit dans plusieurs maladies respiratoires chroniques[1]. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’obésité sur le recours aux soins, la survenue d'exacerbations aiguës et la survie chez des patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID).
Méthodes
Il s'agit d'une étude rétrospective menée au service de pneumologie du CHU Fattouma Bourguiba de Monastir incluant 178 patients suivis pour PID. Deux groupes ont été comparés en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC) : le groupe des patients obèses (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², 47 cas) et le groupe des patients non obèses (IMC inférieur à 30 kg/m², 131 cas).
Résultats
L’âge moyen des patients était comparable entre les deux groupes (62,6±11,8 ans chez les obèses vs 60,5±14,9 ans chez les non-obèses ; p=0,375). Le nombre moyen de comorbidités était significativement plus élevé chez les patients obèses (2,4 vs 1,56 ; p=0,006). En revanche, le nombre moyen d’hospitalisations annuelles en pneumologie était significativement plus bas dans le groupe obèse (0,8 vs 1,11 ; p=0,045), tout comme le nombre total d’exacerbations aiguës par an (0,85 vs 1,26 ; p=0,016). Sur le plan scanographique, la proportion du pattern de pneumopathie interstitielle commune (UIP) était également moindre chez les patients obèses (21,3% vs 37,4% ; p=0,031). La proportion de patients exacerbateurs fréquents, définis par la survenue d'au moins 2 exacerbations par an, était significativement plus faible dans le groupe obèse (17% vs 31,5% ; p=0,04). Enfin, l’analyse de survie a mis en évidence une survie globale médiane significativement plus prolongée chez les patients obèses (276 mois vs 132 mois ; p=0,024).
Conclusion
Malgré un profil comorbide plus lourd, les patients obèses atteints de PID présentent une moindre fréquence du patron de pneumopathie interstitielle commune (UIP), un taux d'exacerbations aiguës et d'hospitalisations réduit, ainsi qu'une survie globale nettement prolongée. Ces données étayent la présence d'un effet paradoxal protecteur de l'obésité au cours des PID.
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Références
[1] Nam Y, Yoon EC and Yoon H-Y (2026) Association between body mass index and prognosis in interstitial lung disease : systematic review and meta-analysis. Front. Med. 13 : 1778828.