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PID idiopathiques versus secondaires : quel profil de comorbidités ? Étude de 112 cas

Boukhari A.*1 ; Draou H.1 ; Mabkhouth A.1 ; Ayad A.1 ; Bennani MA.1
1Service de Pneumologie B, Chu, Oran, Algérie

Auteur correspondant : Boukhari A. 

Introduction

Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) s’accompagnent fréquemment de comorbidités susceptibles d’influencer leur prise en charge et leur pronostic. Toutefois, les données comparant le profil de comorbidités entre PID idiopathiques et secondaires demeurent limitées. Cette étude visait à comparer les principales comorbidités entre ces deux groupes.

Méthodes

Étude observationnelle, descriptive et analytique, rétrospective et monocentrique, réalisée au service de Pneumologie du CHU d’Oran. Les patients atteints de PID idiopathique ou secondaire ont été répartis en deux groupes. Les caractéristiques démographiques, le statut tabagique ainsi que les principales comorbidités cardiovasculaires, métaboliques, respiratoires et autres ont été recueillis. Les variables qualitatives ont été comparées par test du χ² ou test exact de Fisher, avec un seuil de significativité fixé à 5%.

Résultats

Cent douze patients ont été inclus : 50 PID idiopathiques et 62 secondaires. L’âge moyen était comparable entre les deux groupes (64,7±12,0 ans vs 61,6±13,4 ans ; p=0,18). Une prédominance masculine (60,0% vs 17,7% ; p < 0,001) et un tabagisme plus fréquent (50,0% vs 14,5% ; p < 0,001) caractérisaient le groupe idiopathique. La fibrose pulmonaire idiopathique constituait l’étiologie prédominante dans ce groupe (23/50 ; 46,0%). Dans le groupe secondaire, les principales étiologies étaient les pneumopathies d’hypersensibilité (36/62 ; 58,1%), les PID associées aux connectivites (19/62 ; 30,6%) et la sarcoïdose (5/62 ; 8,1%). L’obésité était plus fréquente dans les PID secondaires (46,8% vs 30,0%), sans différence significative (p=0,082). Aucune différence significative n’a été observée concernant l’HTA (40,3% vs 36,0% ; p=0,698), le diabète (30,6% vs 30,0% ; p=1,000), la coronaropathie (9,7% vs 12,0% ; p=0,764), l’hypothyroïdie (22,6% vs 16,0% ; p=0,476), l’insuffisance rénale chronique (3,2% vs 2,0% ; p=1,000), le RGO (3,2% vs 4,0% ; p=1,000), l’asthme (4,8% vs 6,0% ; p=1,000), la BPCO (0% vs 4,0% ; p=0,197), l’emphysème (8,1% vs 2,0% ; p=0,223), le SAOS (4,8% vs 6,0% ; p=1,000), la fibrillation atriale (4,8% vs 0% ; p=0,252), les troubles anxio-dépressifs (0% vs 6,0% ; p=0,086), le cancer (0% vs 4,0% ; p=0,197) et l’HTAP (22,6% vs 28,0% ; p=0,520).

Conclusion

Dans cette cohorte, les PID idiopathiques étaient caractérisées par une prédominance masculine et un tabagisme plus fréquent, tandis qu’une tendance à une prévalence plus élevée de l’obésité était observée dans les PID secondaires. Les autres comorbidités étudiées ne différaient pas significativement entre les groupes. Une évaluation systématique des comorbidités paraît pertinente chez tous les patients atteints de PID, indépendamment de leur étiologie.

Références

[1]. BMC Pulm Med. 2019 ; 19 : 223.

[2]. Eur Respir Rev. 2019 ; 28 : 190044.


Boukhari A. * ; Draou H. * ; Mabkhouth A. * ; Ayad A. * ; Bennani MA. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.