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Impact de la substitution en alpha-1 antitrypsine en post opératoire chez les patients transplantés pulmonaire pour un emphysème déficitaire sévère (ProLung DAAT)

Chen E.*1 ; Husseini (El) K.1 ; Salpin M.1 ; Penhouet M.10 ; Picard C.9 ; Demant X.8 ; Reynaud-Gaubert M.7 ; Merveilleux Du Vignaux C.6 ; Renaud Picard B.5 ; Villeneuve T.4 ; Briault A.3 ; Dauriat G.2 ; Goletto T.1 ; Morer L.1 ; Bunel V.1 ; Weisenburger G.1
1Service de Pneumologie, Allergologie et transplantation Pulmonaire, UF Transplantation Pulmonaire, Hôpital Bichat Claude Bernard, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Paris, France ; 2Service de Pneumologie et Transplantation, Hôpital Marie Lannelongue, CHU Paris Saclay, Le Plessis-Robinson, France ; 3Service de Pneumologie-Physiologie, Hôpital Michallon, CHU Grenoble Alpes, Grenoble, France ; 4Service de Pneumologie et Allergologie, Transplantation Pulmonaire, Hôpital Larrey, CHU de Toulouse, Toulouse, France ; 5Service de Pneumologie et Transplantation Pulmonaire, Hôpital Civil, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France ; 6Service de Pneumologie et Transplantation Pulmonaire, Hôpital Louis Pradel, Groupement Hospitalier Est, Hospices civils de Lyon, Lyon, France ; 7Service de Pneumologie, Équipe de Transplantation Pulmonaire, CHU Nord, Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, Marseille, France ; 8Service de Pneumologie, Unité Transplantation Pulmonaire, Hôpital Haut l’Évêque, CHU Bordeaux, Pessac, France ; 9Service de Pneumologie et Transplantation Pulmonaire, Hôpital Foch, CHU Versailles Saint Quentin en Yvelines, Suresnes, France ; 10Service de Pneumologie, Unité de Transplantation Thoracique, Hôpital Nord Laënnec, CHU Nantes, Saint-Herblain

Auteur correspondant : Chen E. 

Introduction

L’emphysème lié au déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT) sévère peut parfois nécessiter un traitement substitutif en AAT. Son évolution peut conduire à une insuffisance respiratoire terminale indiquant une transplantation pulmonaire (TP). Comparés aux receveurs présentant un emphysème sans DAAT, de précédentes études ont montré que les déficitaires présentaient une surmortalité précoce, avec des complications spécifiques notamment digestives et bronchiques, contrastant avec une meilleure survie à long terme [1, 2]. L'AAT, antiprotéase ayant des propriétés immunomodulatrices et impliquée dans la régulation de l'inflammation, pourrait présenter un intérêt après TP ; toutefois, le bénéfice de sa substitution en post-TP reste incertain et les pratiques demeurent hétérogènes selon les centres.

Méthodes

Nous avons mené une étude observationnelle rétrospective, multicentrique et nationale portant sur les patients français atteints de DAAT sévère, transplantés pulmonaire entre janvier 2013 et décembre 2023. Le DAAT sévère était défini par un phénotype/génotype ZZ ou dosage d’AAT < 0,5 g/L ou patient substitué en pré-TP. La survie et les complications post-TP ont été comparées selon l’administration ou non d’un traitement substitutif après la greffe.

Résultats

Cent dix receveurs ont été inclus (57,8% d'hommes, âge médian 55 ans [IQR 48–59]), dont 82,7% sous traitement substitutif avant transplantation. La sévérité fonctionnelle pré-TP était marquée (volume expiré maximal en 1 seconde, médian 21% [17–26], capacité de diffusion du monoxyde de carbone, médiane 25% [18–30]), et 94,5% des patients ont bénéficié d'une transplantation bipulmonaire (suivi médian : 46 mois [19,5–77,4]). En post-TP, 36 patients (32,7%) ont reçu un traitement substitutif (durée médiane 3,07 mois [2,96–6,16]), sans différence significative avec le groupe non substitué sur les caractéristiques pré- et péri-opératoires. La survie à 3 et 12 mois était respectivement de 100% vs 78,4% et 88,9% vs 75,7% dans les groupes substitué et non substitué (Kaplan-Meier, p=0,054). Les décès précoces à 3 mois (n=16) étaient principalement d'origine infectieuse (n=5), digestive (n=3) et anastomotique (n=3). L'incidence des complications immunologiques, infectieuses, bronchiques et digestives était comparable entre groupes à 3 et 12 mois, à l'exception d'un taux de rejet aigu cellulaire à 12 mois plus élevé dans le groupe substitué (41,7% vs 28,4%, p=0,03). À long terme, la mortalité et l'incidence de dysfonction chronique du greffon ne différaient pas entre les groupes (p=0,6 et p=0,65 respectivement).

Conclusion

La substitution en AAT en post-TP chez des patients atteints de DAAT sévère semble être associée à une meilleure survie à 3 mois post TP, sans différence de survie à long terme. Les résultats de cette première large cohorte française semblent encourager la mise en route de la substitution au moins dans les 3 premiers mois post TP sous réserve d’une validation prospective avec un plus grand effectif.

Références

[1] Respir Med, 2020, 172, 145-151

[2] J Thorac Dis, 2019, 11, 1130-1144


Chen E. * ; Salpin M. * ; Husseini (El) K. * ; Penhouet M. * ; Picard C. * ; Demant X. * ; Reynaud-Gaubert M. * ; Merveilleux Du Vignaux C. * ; Renaud Picard B. * ; Villeneuve T. * ; Briault A. * ; Dauriat G. * ; Goletto T. * ; Morer L. * ; Bunel V. * ; Weisenburger G. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.