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Introduction
Le nintédanib a prouvé son efficacité dans le ralentissement du déclin de la fonction respiratoire des fibroses pulmonaires. Cependant, ce traitement n’est pas dénué d’effets indésirables notamment digestifs et hépatiques pouvant conduire à une réduction posologique ou à son interruption. L’objectif de cette étude est d’évaluer le profil de tolérance du nintédanib chez les patients atteints de fibrose pulmonaire.
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective incluant 34 patients ayant une fibrose pulmonaire traitée par nintédanib suivis pendant au moins 6mois au service de pneumologie du CHU Fattouma Bourguiba de Monastir entre 2023 et 2026. Les effets indésirables et les adaptations thérapeutiques ont été analysés au cours du suivi.
Résultats
L’âge moyen était de 68±9,2 ans avec une prédominance masculine de 82,4%. Une fibrose pulmonaire idiopathique était retrouvée chez 24 patients 70,6%, une fibrose pulmonaire progressive chez 6 patients 17,6%, une PINS fibrosante idiopathique chez 2 patients 5,9% et une fibrose inclassable chez 2 patients 5,9%. Tous les patients ont eu une éducation thérapeutique préalable et un bilan pré-thérapeutique correct. Un ou plusieurs effets indésirables ont été rapportés chez 17 patients soit 50%, principalement une diarrhée 38,2%, des nausées20,6%, une asthénie 20,6%, un amaigrissement 14,7% et une perturbation du bilan hépatique 14,7%. Une modification du traitement a été nécessaire chez 41,1%des patients, avec une réduction posologique à 100mgx2/j chez 17,6% et un arrêt définitif chez 23,5%. Un traitement anti diarrhéique (Imodium) a été prescrit en première intention avec une efficacité chez 58,8%. La diarrhée persistante a conduit à une réduction posologique chez 30,8% des patients concernés et à un arrêt définitif chez 38,5%. Parmi les patients présentant une perturbation du bilan hépatique, une réduction posologique a été nécessaire chez 20%, tandis qu'un arrêt définitif a été observé chez 60%. L’analyse comparative a montré que la diarrhée était davantage associée à une adaptation thérapeutique, notamment à une réduction posologique et à un arrêt définitif, que la perturbation du bilan hépatique, sans différence statistiquement significative (p=0,18).
Conclusion
Les effets indésirables du nintédanib, principalement digestifs et hépatiques, peuvent compromettre la poursuite du traitement. Des mesures préventives adaptées pourraient améliorer sa tolérance et favoriser son maintien.