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Délai de drainage pleural et évolution des pleurésies purulentes : expérience tunisienne

Jamai A.*1 ; Rouis H.1 ; Abdellatif S.1 ; Khouaja I.1 ; Zendah I.1 ; Maalej S.1
1Service de Pneumologie pavillon 3, Hôpital Abderrahmen Mami, Ariana, Tunisie

Auteur correspondant : Jamai A. 

Introduction

La prise en charge des pleurésies purulentes a évolué ces dernières années, avec une place croissante des stratégies interventionnelles précoces, notamment de la chirurgie thoracoscopique, dans les formes compliquées ou insuffisamment contrôlées par le drainage. Le drainage pleural reste toutefois un élément majeur de la prise en charge initiale. Dans ce contexte, un retard de drainage pourrait être associé à une évolution défavorable et à une augmentation de la morbidité.

L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact du délai de drainage pleural sur l’évolution des pleurésies purulentes.

Méthodes

Étude rétrospective incluant des patients hospitalisés pour pleurésie purulente entre 2022 et 2025 au service de pneumologie Pavillon 3 de l’hôpital Abderrahman Mami de l’Ariana. Le délai de drainage pleural a été défini comme l’intervalle de temps (en jours) entre l’admission hospitalière du patient et la réalisation du drainage pleural. Un drainage tardif est défini par un délai de drainage dépassant 48 heures.

Résultats

Trente-deux patients ont été inclus, avec un âge moyen de 58±19 ans et un sex-ratio à 5,4. Le tabagisme était noté chez 56% des patients. Les signes fonctionnels étaient dominés par la fièvre (88%) et la douleur thoracique (94%). Le drainage thoracique a été réalisé dans 88% des cas. L’absence de drainage chez certains patients s’expliquait principalement par un épanchement peu accessible ou fortement cloisonné, limitant la faisabilité et l’efficacité du geste. Le délai moyen entre l’hospitalisation et le drainage était de 2,2±2,6 jours. Un délai de drainage prolongé était significativement corrélé à une durée d’hospitalisation plus longue (p=0,003) ainsi qu’à une durée de drainage plus importante (p=0,007). Les patients drainés tardivement présentaient plus fréquemment un cloisonnement pleural (p=0,04) et un enkystement (p=0,03). Aucune corrélation significative n’a été observée entre le délai de drainage et la survenue des complications respiratoires.

Conclusion

Dans cette série, un retard de drainage pleural était associé à une évolution plus prolongée, notamment en termes de durée d’hospitalisation et de drainage. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une prise en charge interventionnelle précoce et adaptée au stade évolutif de la pleurésie purulente, dans un contexte où les stratégies thérapeutiques tendent vers une approche plus précoce et multidisciplinaire.


Jamai A. * ; Rouis H. * ; Abdellatif S. * ; Khouaja I. * ; Zendah I. * ; Maalej S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.