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Impact de l’étiologie sur la prise en charge et l’évolution du chylothorax : étude rétrospective

El Bouzidi C.*1 ; Haj Dahmen M.1 ; Abdelkbir A.1 ; Bouacida I.1 ; Zibi H.1 ; Ouerghi S.2 ; Abdennadher M.1 ; Marghli A.1
1Service de chirurgie Thoracique , à l'Hôpital Universitaire Abderrahmen Mami à l'Ariana. ; 2Service d'anesthésie Réanimation, à l'Hôpital Universitaire Abderrahmen Mami à l'Ariana.

Auteur correspondant : El Bouzidi C 

Introduction

Le chylothorax est une affection rare résultant de l’accumulation de chyle dans la cavité pleurale. Ses étiologies sont multiples, principalement traumatiques, notamment iatrogènes, ou non traumatiques. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’impact de l’étiologie du chylothorax sur les modalités thérapeutiques et l’évolution des patients.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective incluant les patients pris en charge pour chylothorax entre 2000 et 2024 au service de chirurgie thoracique de l’hôpital universitaire Abderrahmen Mami de l’Ariana.

Résultats

Vingt-quatre patients ont été inclus. L’âge médian était de 53 ans [extrêmes : 5–92 ans] et 58,3% des patients étaient de sexe féminin (n=14). Sur le plan diagnostique, 23 patients (95%) avaient un diagnostic de chylothorax établi avant leur hospitalisation. Les chylothorax non traumatiques représentaient 75% des cas (n=18), contre 25% pour les formes traumatiques (n=6). Parmi ces dernières, cinq étaient d’origine postopératoire et une d’origine post-traumatique. Dans le groupe non traumatique, quatre cas étaient associés à une pathologie néoplasique ou à une masse médiastinale, un à une cirrhose, tandis que l’étiologie restait indéterminée dans 13 cas. L’ensemble des patients a bénéficié initialement d’un traitement médical conservateur. Malgré cette prise en charge, 8 patients (33%) ont nécessité une intervention chirurgicale. Une ligature du canal thoracique a été réalisée chez 50% des patients du groupe traumatique (n=3), contre 27,8% dans le groupe non traumatique (n=5). La durée médiane d’hospitalisation était de 8,5 jours dans le groupe traumatique contre 11 jours dans le groupe non traumatique. Une récidive ou une réhospitalisation pour chylothorax a été observée chez cinq patients du groupe non traumatique (27,8%), contre aucun dans le groupe traumatique. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les deux groupes, probablement en raison du faible effectif.

Conclusion

L’étiologie semble influencer les modalités de prise en charge et l’évolution du chylothorax. Les formes traumatiques, principalement postopératoires, ont plus fréquemment bénéficié d’une ligature du canal thoracique et étaient associées à un séjour hospitalier plus court et à l’absence de récidive dans notre série. À l’inverse, les formes non traumatiques, majoritaires et plus hétérogènes, étaient caractérisées par un séjour plus prolongé et davantage de récidives ou de réhospitalisations. Ces résultats soulignent l’importance de l’identification étiologique dans l’orientation thérapeutique et le suivi du chylothorax.


El Bouzidi C. * ; Haj Dahmen M. * ; Abdelkbir A. * ; Bouacida I. * ; Zibi H. * ; Ouerghi S. * ; Abdennadher M. * ; Marghli A. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.